Jésus bienvenu au tribunal

BORDEAUX Les trois tableaux du Messie, accrochés avant 1905, peuvent orner les murs des salles de la cour d'appel, a décidé le tribunal administratif...

MD (Avec agence)

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 A l’audience solennelle de rentrée de la cour d’appel de Bordeaux, le 15 janvier 2009.
 A l’audience solennelle de rentrée de la cour d’appel de Bordeaux, le 15 janvier 2009. — C. BLUMBERG / 20 MINUTES

La justice de la République peut-elle être rendue sous le regard de Jésus? Une association avait demandé le retrait de trois peintures représentant le Christ en croix, qui couvrent les murs de trois salles d'audience de la cour d'appel de Bordeaux. Le tribunal administratif a rejeté sa requête ce vendredi.
 
Le tribunal a souligné dans ses attendus que «les trois tableaux en litige ont été installés dans les salles d'audience de la cour d'appel avant la publication de la loi du 9 décembre 1905» sur la séparation des églises et de l'Etat. Cette loi stipule qu'«à l'avenir», les emblèmes ou signes religieux sont interdits sur les monuments publics ou emplacements publics, est-il souligné dans le jugement daté du 31 mars.
 
Le Messie persona non grata

«La présence de ces tableaux (...) ne peut être considérée comme l'apposition d'un quelconque signe ou symbole religieux postérieure à cette loi et ne contrevient pas au principe de laïcité», a ajouté le tribunal administratif. La Fédération girondine de la libre pensée, qui avait déposé la requête, fera «très certainement appel» a indiqué son président Joachim Salamero. Il a précisé que le service juridique de la Fédération au plan national a été saisi.
 
Le journal «Sud Ouest», qui a révélé la décision dans son édition de vendredi, a rappelé qu'en 2006, le ministre de la Justice Pascal Clément avait demandé qu'un Christ soit retiré du tribunal de grande instance de Metz. En 1989, un président de chambre du tribunal de grande instance de Bordeaux «qui ne supportait plus de siéger sous le regard du Messie crucifié, avait obtenu qu'il quitte le prétoire», a indiqué le journal. La Fédération de la libre pensée défend le «respect de la liberté de conscience et la laïcité».