Espionnage de Greenpeace: EDF relève deux responsables de leurs fonctions

JUSTICE Le groupe a précisé qu'il s'agit d'une décision «provisoire» par «mesure de précaution»...

20minutes.fr avec agence

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"La loi n'est toujours pas inscrite au calendrier parlementaire. On est dans le flou le plus complet, ça devient illisible", a estimé Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France.
"La loi n'est toujours pas inscrite au calendrier parlementaire. On est dans le flou le plus complet, ça devient illisible", a estimé Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France. — Patrick Kovarik AFP/archives

EDF sous haute tension. Le groupe a annoncé vendredi avoir relevé de leurs fonctions deux hauts responsables de la sécurité du groupe, Pascal Durieux et Pierre François, à titre «provisoire» et par «mesure de précaution».

Le patron de l'officine Kargus Consultant, Thierry Lorho, mis en examen dans l'affaire d'espionnage informatique de Greenpeace, a mis en cause nommément Pierre François, numéro deux de la sécurité d'EDF, en affirmant qu'il était au courant du piratage, ont confié ce vendredi des sources proches du dossier.

Devant le juge d'instruction de Nanterre, Thierry Lorho a reconnu son implication dans l'opération de piratage informatique de l'ordinateur de Yannick Jadot, à l'époque directeur des campagnes de Greenpeace France. Mais il a aussi affirmé que Pierre François, le seul employé d’EDF mis en examen pour «complicité d'intrusion informatique», savait les détails de cette opération de piratage, dont l'informaticien Alain Quiros a reconnu avoir été l'exécutant. Quiros a lui-aussi donné le nom de Pierre François, un ancien commandant de police rentré chez EDF en 1994.

Pascal Durieux, le supérieur de Pierre François,également suspendu par EDF, a été placé sous le statut de témoin assisté.

Pour Jadot, tête de liste d’Europe Ecologie pour la région grand Ouest aux élections européennes, «la commande d'EDF à cette officine était très clairement d'avoir des informations sur les modes d'organisation de Greenpeace et d'avoir un accès en permanence sur nos systèmes d'information, ce qui contredit totalement les déclarations du PDG d'EDF Pierre Gadonneix».

EDF s'estime victime, mais ça ne passe pas

Après la révélation de l’affaire, EDF a décidé de «se porter partie civile pour obtenir réparation du préjudice causé par Kargus», en qualité de victime. Une demande qui a été jugée été jugée «irrecevable» par le magistrat de Nanterre en charge de l'instruction, Thomas Cassuto. La compagnie expliquait qu'un «contrat de prestation avec Kargus avait été établi, concernant la sécurité des centrales de production», se disant prête à «donner les informations nécessaires au bon déroulement de l'enquête».

EDF s'estime victime des «agissements» de la société Kargus Consultant, avec laquelle elle avait conclu un contrat en 2006. Mais lors de perquisitions au siège d’EDF, les enquêteurs ont saisi un CD-ROM dans le bureau de Pierre François, CD-ROM dont «Le Canard Enchaîné» a affirmé qu'il contenait «des captures d'écran et des copies de fichiers provenant de l'ordinateur de Yannick Jadot».

Mercredi, «le Canard» ajoutait une nouvelle affaire d'espionnage sur le compte déjà lourd d'EDF. En 2006, le géant de l'électricité aurait placé sous surveillance le très remuant porte-parole de l'associatior Sortir du Nucléaire, Stéphane Lhomme, par l'intermédiaire d'une entreprise suisse, Securewyse.

EDF a annoncé vendredi avoir découvert ce «contrat de veille avec la société Securewyse, (...) signé en dérogation aux règles du Groupe» et l'avoir résilié.