Acquittement pour six anciens lycéens accusés de viols

JUSTICE Ils étaient jugés en assises à Dijon pour le viol présumé d'une femme de ménage de leur établissement scolaire en 2003...

20minutes.fr

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Cinq ans de procédure et un acquittement général. Condamnés en première instance à des peines de prison légères, les six anciens élèves du lycée Dumaine de Mâcon (Saône-et-Loire) étaient accusés de viol par une femme de ménage de l’établissement.

Lors du procès en appel, la cour d’assises des mineurs de Dijon a finalement estimé que la plaignante avait menti, révèle France Info ce vendredi matin. «Je voulais être lavé, je n'attendais que ça, c'est pour ça que j'ai fait appel. La prison je n'en ai rien à faire, c'est derrière moi», a expliqué Mohamed, l'un des acquittés.

En septembre 2003, la femme de ménage déclare être rentrée dans le vestiaire, sous la menace d'un couteau, les élèves la contraignant ensuite à leur faire des fellations. À son retour de maladie en janvier 2004, des faits similaires se reproduisent. Quatre individus l'auraient sodomisée sous la menace d'un couteau. « Elle ne désignait personne, a expliqué le capitaine de police de Macon devant la cour, le 1er avril dernier. Elle n'imputait pas un visage en face d'un nom».

«L'absence d'éléments matériels»

Avec les photos présentées par le proviseur, la femme de ménage dit ensuite reconnaître «formellement» un élève. Elle l'accuse à trois reprises avant de faire marche arrière.

L'un des lycéens, Zohir, a reconnu les faits avant de se rétracter. Il dit être entré dans le vestiaire avec Anis, Mohamed, Adile... Tous ses amis ont rejeté ses déclarations. «Le grand malheur de ce dossier, c'est le grand délai entre la commission des faits et leur dénonciation et l'absence d'éléments matériels», a déploré le capitaine de police aux assises.

Les assises ont surtout noté deux couacs majeurs. Le dossier d’accusation reposait sur les aveux de Zohir, lâchés sous la pression comme l'a montré le visionnage de la bande vidéo de l’interrogatoire des policiers lors du procès. Et l'instruction n'a pas pris en compte le fait que cette femme de ménage avait déjà accusé un de ses collègues de l'avoir violé au début des années 1990. Il avait passé 22 mois en détention avant d'être relaxé.