Le maire d'Hénin-Beaumont s'est fait coffrer

À Lille, Olivier Aballain

— 

L'audition de Gérard Dalongeville a pris plus de temps que prévu. Et l'on comprend pourquoi. Le maire d'Hénin-Beaumont a été mis en examen hier après-midi pour détournement de fonds publics, faux en écriture privée et usage de faux, favoritisme et recel de favoritisme et extorsion de fonds. Deux anciens collaborateurs, l'adjoint aux finances de 2001 à 2008 et un entrepreneur, éditeur du journal municipal fermé en 2008, ont aussi été mis en examen. Les trois hommes avaient été placés en garde à vue mardi dans le cadre d'une enquête débutée en juin 2008 par la direction interrégionale de la police judiciaire de Lille. Mais les enquêteurs n'étaient pas au bout de leurs surprises.

Les perquisitions effectuées ces derniers jours au domicile des suspects ont, selon le parquet, « étayé les faits ». Et notamment la découverte d'un coffre-fort, dans le bureau même de Gérard Dalongeville à la mairie, dont ce dernier a prétendu ne pas avoir pas la clé. Une fois forcé, les policiers y ont découvert la somme de 13 000 euros en billets. Gérard Dalongeville « n'a pu donner aucune explication » sur leur provenance, selon la procureure de Béthune, Brigitte Lamy.

Et pour cause. D'après le parquet, les enquêteurs ont mis au jour un système de fausses factures pour « la fourniture de services non réalisés » par certaines entreprises. Des voyages en avion privé de l'éditeur du journal municipal sont également pointés du doigt, d'autant qu'ils passaient par le Luxembourg... Le montant total des fausses factures identifiées par la justice atteint déjà 900 000 euros. Mais l'enquête porte sur un total de 4 millions d'euros. Selon le parquet, « il est également établi que les règles d'attribution des marchés publics n'ont pas été respectées ». Le placement du maire en détention provisoire a été requis hier soir. Il risque dix ans de prison et 150 000 euros d'amende. ■