Il a remis Faurisson sur le devant de la scène, Dieudonné risque une peine

JUSTICE Il a été renvoyé ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris pour «injures raciales»...

M.Gr. avec agence

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"Vos applaudissements vont retentir assez loin (...). Votre présence ici et notre poignée de main sont déjà un scandale en soi", a ironisé Dieudonné devant 5.000 spectateurs, dont plusieurs membres du Front national.
"Vos applaudissements vont retentir assez loin (...). Votre présence ici et notre poignée de main sont déjà un scandale en soi", a ironisé Dieudonné devant 5.000 spectateurs, dont plusieurs membres du Front national. — Thierry Zoccolan AFP/Archives

Pour avoir remis sur la scène du Zénith, le 26 décembre dernier, «le prix de l'infréquentabilité» à l'historien révisionniste Robert Faurisson, Dieudonné risque de nouveaux ennuis judiciaire. Le parquet de Paris vient d'annoncer ce mercredi après-midi que l'humoriste était renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris pour «injures raciales».

Le 29 décembre, le Parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire après que l'humoriste avait invité, trois jours plus tôt, le public à accueillir sous un «tonnerre d’applaudissements» Robert Faurisson, lors de son spectacle au Zénith de Paris. Cet ancien maître de conférence à l’université Lyon-II a été condamné par la justice pour «négation de la Shoah».

Devant cinq mille spectateurs, celui qui avait déclaré que «les prétendues chambres à gaz hitlériennes et le prétendu génocide des juifs forment un seul et même mensonge historique» s’est vu remettre «le prix de l’infréquentabilité et de l’insolence» par le régisseur de Dieudonné, déguisé en déporté d’un camp de concentration.

Il s'agissait d'une «bombe médiatique artisanale, avait alors avancé Dieudonné. Il fallait trouver plus infréquentable que Le Pen.»



Mais la conséquence principale de ce tollé fut l'annulation des spectacles de Dieudonné les uns après les autres. A Montpellier d'abord. Puis le groupe Novotel, qui devait accueillir l'ancien partenaire d'Elie Semoun à Belfort et Besançon pour deux «conférences» sur le thème de la liberté d'expression, avait annoncé l'annulation des deux soirées, en invoquant des raisons juridiques. Privé de salle, Dieudonné avait alors contourné la difficulté en donnant une «conférence» à Besançon dans un car devant une trentaine de spectateurs.

Derniers rebondissements en date, les autorités de la commune de Saint-Josse, un quartier pauvre et multiculturel de Bruxelles, ont décidé d'interdire fin mars la représentation prévue. Avant que le conseil d'Etat belge, plus haute juridiction administrative du pays, casse la décision de la commune.

Condamné à plusieurs reprises pour des propos sur la Shoah et les juifs, Dieudonné se présente aux élections européennes... sous l’étiquette anti-sioniste.