Une porte ouverte sur l'enfermement

— 

Ce devrait notamment être un bilan critique de la protection de l'intimité en détention. Mais pas seulement. Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté, va rendre public, ce matin, son premier rapport annuel, un document de 300 pages qui sera diffusé également en librairie. Ce texte est d'autant plus attendu que depuis le début de la semaine, un jeune détenu s'est suicidé à la prison des Baumettes à Marseille et un surveillant de Fresnes s'est donné la mort alors qu'il était en service dans un mirador.

Autorité indépendante en poste pour un mandat de six années renouvelable, Jean-Marie Delarue a été nommé en juin 2008 pour exercer un contrôle sur 5 800 lieux d'enfermement (prisons, locaux de garde à vue, dépôts...). Entouré d'une équipe de contrôleurs, il a effectué plusieurs déplacements dans des maisons d'arrêt, centres de rétention, commissariats ou hôpitaux psychiatriques...

De source interne, le rapport fait un point détaillé des saisines dont le contrôleur a été l'objet, des délais de réponse et des suites qui leur ont été données. Le document examine aussi les conditions dans lesquelles sont tenus les registres de garde à vue. Un autre chapitre aborde la question de l'intimité des personnes et dresse un bilan critique des lieux visités. Une lettre de détenue est publiée qui rend compte de « la méconnaissance de la dignité des personnes ». Le rapport publie également une dizaine de photographies prises par les contrôleurs, « qui retracent l'ordinaire de ce qui a été constaté durant les visites ». ■