La France pas trop à la rue avec les sans-abri

EXCLUSIF «20 Minutes» dévoile un rapport sur les politiques européennes de prise en charge des SDF...

Laure de Charette

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Seules trois tentes demeuraient vendredi en fin d'après-midi à l'emplacement du campement des Don Quichotte mais deux autres camps, d'une douzaine de tentes chacun, regroupent des irréductibles non rattachés à l'association.
Seules trois tentes demeuraient vendredi en fin d'après-midi à l'emplacement du campement des Don Quichotte mais deux autres camps, d'une douzaine de tentes chacun, regroupent des irréductibles non rattachés à l'association. — Olivier Laban-Mattéi AFP

Beaucoup de moyens, des centres d'accueil nombreux, des SDF libres de dormir dans la rue... D'après le rapport sur «les politiques de prise en charge des sans-abri dans l'Union européenne» - que «20 Minutes» s'est procuré avant qu'il soit remis à Christine Boutin, ministre du Logement -, la France fait aujourd'hui plutôt figure de bonne élève.

La France «tolérante» avce les SDF

«En vingt ans, elle a débloqué des fonds importants pour ses sans-abri, comme au Royaume-Uni et en Finlande. Les SDF peuvent rester des années, gratuitement, dans les centres d'accueil, contrairement à la Belgique où ils sont souvent payants. Et nous sommes dans le peloton de tête des pays les plus tolérants» envers les clochards, explique l'auteur du rapport, Julien Damon, professeur associé à Sciences-Po. Voilà pour les points positifs. De fait, la criminalisation des SDF est faible en France, contrairement à l'Italie, où de nombreuses villes ont interdit de demander l'aumône, en particulier près des églises. Ou à Barcelone, où une réglementation défend de dormir dans la rue sous peine d'une amende allant jusqu'à 1.500 euros.

Pourtant, la France «n'a pas de stratégie claire pour aider les sans-abri», selon Julien Damon, à l'instar de la Hongrie ou de la Pologne. Faute d'objectifs chiffrés et d'évaluation des résultats, «on ne sait pas si la politique menée est efficace». «Avec autant de moyens, on devrait faire mieux», juge-t-il: trop d'argent serait dévolu à l'urgence (le 115 du Samu social), au lieu d'aider les SDF à se loger. Comme en Irlande, qui en privilégiant le relogement, réussit à fermer les centres d'accueil d'urgence les uns après les autres. Le ministère et les associations s'inspireront-ils de ce qui se passe chez nos voisins ?