Le sommet de l'Otan s'achève sur une volonté d'unité

BILAN Alors que les manifestations ont rapidement dégénéré, samedi, les 28 dirigeants de l'Alliance ont finalement mené leurs travaux à leur terme...

Sandrine Cochard et, à Strasbourg, Ludovic Meignin et Philippe Wendling

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Nicolas Sarkozy, Anders Fogh Rasmussen, Angela Merkel et Barack Obama arrivent au dîner de travail de l'Otan à Baden-Baden, le 3 avril 2009.
Nicolas Sarkozy, Anders Fogh Rasmussen, Angela Merkel et Barack Obama arrivent au dîner de travail de l'Otan à Baden-Baden, le 3 avril 2009. — REUTERS/Hannibal Hanschke

In extremis, les 28 dirigeants de l’Otan ont réussi à afficher un front uni, samedi. Que retenir de cette deuxième séance de travail?

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Un nouveau secrétaire général

Alors qu’ils avaient pris du retard vendredi, ne parvenant pas à se mettre d’accord sur le nom de leur prochain secrétaire général, les 28 ont finalement choisi le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen, le favori qui ne plaisait pas à la Turquie. Le Premier ministre turc a finalement levé son veto, affirmant qu'il avait obtenu des garanties de la part du président américain Barack Obama, sans toutefois expliquer lesquelles.

Renforts en Afghanistan

Autre point sur lequel l’Otan a voulu se montrer uni: l’épineuse question de l’Afghanistan. Selon la Maison blanche, les Américains ont obtenu de leurs alliés un renfort de 5.000 soldats. Ce chiffre reprend certaines contributions décidées de longue date par plusieurs alliés mais ne correspond pas, dans le détail, à ce que les différentes délégations ont annoncé de leur côté. De source proche de l'Otan, les alliés auraient promis 3.000 soldats supplémentaires, 500 formateurs, des forces spéciales, une demi-douzaine d'hélicoptères de combat et de transport, des drones, les deux chasseurs bombardiers F-16 belges de plus déjà annoncés et trois avions de transport au moins. On ignore encore quels seront les pays qui contribueront à cet effort de guerre.

Mais l'important était de faire preuve d'unité. «Je me félicite que nos alliés de l'Otan aient apporté un soutien fort et unanime à notre nouvelle stratégie» en Afghanistan, a déclaré le président Obama lors d'une conférence de presse à l’issue de la réunion. Et d’avertir Al-Qaïda qu'elle ne gagnera pas en Afghanistan face à l'Otan. «Nous sommes unis, nous sommes forts, ils ne nous vaincront pas et nous mènerons à bien notre mission pour garantir la sécurité de nos concitoyens», a-t-il ajouté. «Ce sommet et cette alliance ont tenu leurs engagements», a affirmé de son côté l’actuel secrétaire général de l’Otan, Jaap de Hoop Scheffer. Dans leur communiqué final, les alliés demandent au gouvernement afghan de défendre les droits des femmes. Le président Obama a jugé «exécrable» un projet de loi afghan qui envisage de réduire ces droits.

La France «retrouve sa place»

A l’ouverture de cette seconde séance de travail, Nicolas Sarkozy a tenu à confirmer le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l'Otan, que le pays avait quitté en 1966. «La France reprend toute sa place dans l'Alliance», a-t-il lancé. Nous sommes de la famille, nous sommes dans la famille, nous sommes des alliés, nous sommes des amis.» et d’insister: «Nous voulons être des amis et des alliés debout»,réponse implicite aux soupçons d'un alignement sur Washington.

Les manifs dégénèrent

Si les 28 ont pu travailler dans le calme car retranchés au Palais des Congrès de Strasbourg, les rues périphériques de la ville ont été la cible des accès de violence de la part de casseurs. Ainsi, une centaine de militants Black Blocks, cagoulés et armés de barres de fer ont pillé, ravagé et incendié plusieurs bâtiments. Un hôtel, une station-service, un poste de douanes et un restaurant ont été incendiés à proximité de la frontière, près du pont de l'Europe qui enjambe le Rhin.

Un climat tendu qui a contraint les Premières dames à revoir leur programme du jour.

Le vaste cortège anti-Otan (10.000 selon la police, 30.000 selon les organisateurs) qui devait défiler dès 13h s’est rapidement transformée en affrontements entre casseurs et forces de l’ordre. Il a finalement été écourté en raison de la multiplication des incidents. Les manifestants ont été dispersés par les CRS vers 17h.