Barack Obama «voulait plaire à tout le monde»

REPORTAGE Quelques heures avant l'ouverture officielle du sommet de l'Otan, le président américain a rencontré quelques milliers de Strasbourgeois...

A Strasbourg, Philippe Wendling

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Le président américain Barack Obama salue la foule, lors d'une rencontre à Strabourg avec des habitants de la ville, en marge du sommet de l'Otan, le 03 avril 2009.
Le président américain Barack Obama salue la foule, lors d'une rencontre à Strabourg avec des habitants de la ville, en marge du sommet de l'Otan, le 03 avril 2009. — REUTERS / Jason Reed

Yes, ils ont pu…, ou presque, approcher Obama. En marge du sommet de l’Otan, qui a débuté officiellement ce vendredi à 18h, le président américain a donné un meeting ce vendredi après-midi devant quelque 3.000 personnes, dans un hall du parc des expositions de la capitale alsacienne. Parmi les spectateurs, triés sur le volet, une majorité de lycéens et étudiants alsaciens et allemands levés tôt pour l’occasion.

«On avait rendez-vous à 8h30 avec nos profs puis nous avons été conduits ici en bus», expliquent Leslie et Audrey, en prépa HEC au lycée Kléber de Strasbourg. Problème, elles n’ont eu le droit de pénétrer dans la salle que vers 13h et le show présidentiel n’a débuté que vers 14h20. «L’attente était longue.» Qu’importe, c’est debout, comme le reste du public, qu’elles ont salué l’entrée du chef d’Etat et de son épouse.

«Réunion de quartier»

Au programme: 25 minutes de monologue présidentiel façon campagne électorale sur, entre autres, l’écologie, la crise, les relations avec la Russie ou encore la guerre en Afghanistan. Un discours bien huilé suivi d’une demi-heure de question/réponse avec le public. «Levez la main et je vous laisserai le micro, lance Obama. On a des traducteurs pour des questions en français ou en allemand si besoin...» Un service superflu puisque sur les cinq personnes choisies, toutes parlent correctement anglais, certaines étant d’ailleurs américaines.

Au bout d’une heure de show, Barack et sa first lady quittent la salle sous une nouvelle pluie d’applaudissements. Leslie et Audrey, elles, sont toujours conquises par le personnage même si elles regrettent de ne pas avoir pu l’interpeller. «C’était quand même un rendez-vous unique, estiment-elles. Et en même temps, cela faisait un peu réunion de quartier très conviviale.» Trop peut-être, puisque le Président est resté «très général et n’a rien dit qu’on ne savait déjà. On a vraiment eu l’impression qu’il voulait plaire à tout le monde.»

«Il dit toujours un peu la même chose»

«Moi, je suis venu pour voir le charisme d’Obama, et je ne suis pas déçu, explique un peu plus loin David, étudiant en Affaires européennes à Cergy. Mais, son discours était trop policé. Depuis qu’il a débuté la campagne pour les présidentielles, Obama dit toujours un peu la même chose». Il parle de «valeurs à porter en Afghanistan, lâche Victor étudiant à Sciences-po Paris. Mais il ne parle pas des problèmes sociaux et du malaise profond de la jeunesse européenne à cause du peu de perspectives qu’on lui offre.»

Des conseils, Barack Obama lui en a néanmoins donné ce vendredi après-midi et au premier rang duquel celui de relever «des challenges. L’histoire a prouvé que l’on peut réaliser des choses qui paraissent parfois impossibles.»