Intrusions: le gouvernement va «cibler» 120 établissements scolaires

BANDES Michèle Alliot-Marie et Xavier Darcos l'ont confié dans une interview au «Parisien»...

M.Gr. avec agence

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Huit mesures concernent l'action de la police, dont la mise en place d'une police d'agglomération et la création de "groupes spécialisés" pour traiter les violences urbaines et des bandes.
Huit mesures concernent l'action de la police, dont la mise en place d'une police d'agglomération et la création de "groupes spécialisés" pour traiter les violences urbaines et des bandes. — Philippe Wojazer AFP

L’annonce intervient au lendemain de la présentation de la proposition de loi contre les bandes par Christian Estrosi. «Les rectorats ont identifié à ce jour 120 établissements particulièrement concernés par des phénomènes d'intrusion», a ainsi expliqué Xavier Darcos, précisant que la «violence importée» est dans 15% des cas «le fait de personnes totalement extérieures à l'établissement».

Selon lui, ce phénomène est nouveau, «et ce qui l'est aussi c'est que certaines de ces incursions peuvent se faire avec des armes», assure Darcos. «Le plus souvent avec des armes blanches ou des objets utilisés comme des armes: barres de fer, bâtons...», ajoute Alliot-Marie.

Le ministre de l'Education affirme qu'aucune «liste» ne sera publiée. ll n'est pas question de stigmatiser tel ou tel établissement. L'idée, c’est que dans ces collèges et lycées on fasse valider ou actualiser le diagnostic de sécurité pour mieux cibler les actions à y mener.» Darcos rappelle aussi que depuis 2007 la création de Sivis, un logiciel d'enquête national «permet de mesurer le niveau de la violence scolaire».

Le développement des caméras de surveillance

Au cours de l'année 2007-2008, 11,8 incidents graves ont été signalés pour 1.000 élèves, selon ce procédé. «Ces actes de violences graves, plus fréquents dans les collèges que les lycées, ont pour 85% d'entre eux été commis par des élèves de l'établissement et pour 36% relevaient de la violence entre élèves, qui sont aussi souvent les victimes».

Le ministre de l'Intérieur assure de son côté qu'à Paris «depuis la rentrée 1.215 faits ont été commis dans ou aux abords des établissements scolaires» et ont engendré 175 interpellations.

Sans «systématiser» Michèle Alliot-Marie veut «développer» les caméras au sein des établissements. Son collègue de l'Education souligne cependant que «les contrôles humains aux entrées et sorties sont également essentiels. Quant au lien plus étroit avec la police, j'observe qu'en Angleterre, cela ne choque personne de voir un policier en uniforme passer régulièrement dans une école.»

Répression... et prévention?

La solution à terme contre les agressions à l’école, sanctuaire régulièrement violé ces dernières semaines? Les remèdes devront être plus profonds pour certains professeurs. Vincent Smith,  qui enseigne l'anglais au lycée Jean-Rostand de Mantes-la-Jolie où une professeur enceinte a été agressée par un ado venu de l’extérieur le 13 février dernier, nous confiait récemment: «Nous avons installé 24 caméras au lycée Rostand, ça n’a pas empêché l’agression». Avec une soixantaine de collègues, il a exercé pendant cinq jours son droit de retrait début mars, estimant que la sécurité n’était pas garantie dans cet établissement qui fera partie du panel ciblé.

Doutant «cette méthode de masse» que représente la vidéo surveillance, les professeurs réclamaient à la direction et au rectorat, cinq postes d’assistant d’éducation. Ils en ont obtenu deux. Des «pions» pour un meilleur accompagnement, pour juguler la dérive scolaire et violente de certains élèves. Il y avait 3 surveillants pour 1.200 élèves au moment où la jeune femme enceinte a été frappée.