En France, le camp du non à la réintégration ne désarme pas

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Finie l'union libre, on se remet la bague au doigt. Le retour de la France dans l'Alliance atlantique, qui doit être officialisé lors du sommet de l'Otan aujourd'hui et demain en Alsace, continue de créer la polémique au sein de la scène politique intérieure. Que ce soit dans l'opposition ou chez les souverainistes, ils sont encore nombreux à ne pas rendre les armes, malgré la confiance votée au gouvernement le 17 mars après un débat mouvementé à l'Assemblée nationale.

Cela n'a clairement pas suffi. Ainsi, Dominique de Villepin a fait salle comble mercredi soir au Palais-Bourbon, où il était convié par ses partisans à parler de l'Otan. Une invitation que l'ancien Premier ministre ne pouvait pas refuser. « Dans la vie, nos actes nous suivent, a-t-il déclaré. Le retour complet dans l'Otan, voilà un acte qui suivra le président de la République. Il est comptable des paris qu'il fait. Les Français pourront juger. »

La décision de Nicolas Sarkozy est très contestée par la gauche aussi. Pour Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, « rien ne justifie » le retour complet de la France dans l'Otan, « si ce n'est un atlantisme qui devient une idéologie ». Car les craintes qui reviennent le plus souvent sont celles d'une perte d'autonomie et d'un alignement sur les positions américaines les plus radicales. Lors du débat parlementaire le mois dernier, Laurent Fabius (PS) avait souligné que la France n'aurait jamais pu s'opposer à la guerre en Irak si elle avait été pleinement intégrée à l'Otan.

Au centre, François Bayrou, le leader du MoDem, avait quant à lui estimé, mi-mars, que les Français allaient « se priver d'une des seules cartes que nous avions dans notre jeu pour être autre chose qu'alignés à l'intérieur d'un ensemble occidental dont on a vu les bêtises qu'il pouvait faire ».

« Je suis un ami des Etats-Unis, mais un ami debout », s'est encore justifié le chef de l'Etat mercredi. Nicolas Sarkozy peut s'appuyer sur un sondage Ifop de mars, selon lequel 58 % des Français seraient favorables à ce retour. ■David Carzon