Le comité d'entreprise de Continental se tient à Nice, sans les syndicats

SOCIAL Les représentants du personnel protestent contre la délocalisation de la réunion...

Julien Ménielle avec agence
— 
Le Comité central d'entreprise (CCE) de la firme de pneumatiques Continental, prévu initialement à Reims, a commencé mardi dans un hôtel de Nice en l'absence des représentants du personnel.
Le Comité central d'entreprise (CCE) de la firme de pneumatiques Continental, prévu initialement à Reims, a commencé mardi dans un hôtel de Nice en l'absence des représentants du personnel. — Stephane Danna AFP

Dix minutes. C'est le temps qu'auront passé, ce mardi après-midi, les syndicats de l'usine de Clairoix au Comité central d'entreprise de la firme Continental, avant d'en claquer la porte. Comme prévu, les représentants du personnel ont en revanche boycotté le reste de la réunion, pour protester contre sa délocalisation à Nice, après les incidents qui avaient émaillé celui de Reims.

Les syndicats repartent manifester

«Nos avocats nous ont conseillé de venir au moins élire officiellement l'expert-comptable qui suit le dossier depuis le début», explique Antonio Da Costa, responsable CFTC. C’est un petit comité qui s’est déplacé, soit cinq représentants au lieu de treize. «Et nous repartons tout de suite, c'est un affront de nous faire venir à Nice alors que nos collègues manifestent devant le tribunal de Sarreguemines», s'emporte le syndicaliste.

L'absence des syndicats n'a cependant pas empêché le président de Continental France, François Gérard, de lancer le CCE dans la matinée. «Le personnel n'a pas jugé utile de venir. On ne peut que le déplorer», a-t-il regretté en début de séance. «Il ne faut pas attendre d'être en situation de banqueroute pour prendre des mesures de sauvegarde de la compétitivité. Nous agissons en industriels responsables», a ajouté le responsable au sujet de la fermeture du site.

«Hors de question que la Côte d'Azur devienne le paradis du Medef»

Il a été accueilli par une cinquantaine de personnes réunies à l'appel de la CGT des Alpes-Maritimes, qui ont manifesté dans le calme leur solidarité avec les salariés de l'usine. Didier Turrini, responsable syndical local, a dénoncé «le mépris et l'arrogance» de la direction de Continental. Evoquant la décision de tenir la réunion du CCE à Nice pour raison de sécurité, il a déclaré qu'il était «hors de question que la Côte d'Azur devienne le paradis du Medef».

Antonio Da Costa attend désormais une décision du tribunal de grande instance de Sarreguemines, «peut-être dans la journée». «Les convocations au CCE non remises, la fermeture de Clairoix niée au comité d'entreprise européen 15 jours avant l'annonce officielle»... Pour le représentant du personnel, la liste des irrégularités est longue. Mais maintenant, «la balle est maintenant dans le camp des juristes».