Des milliers de rencontres entre gendarmes, policiers et population

EXCLUSIF Michèle Alliot-Marie lance vendredi le premier de ces débats. Elle souhaite que les forces de l'ordre expliquent leur méthode et entendent les critiques...

David Carzon

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Le Conseil des ministres a adopté jeudi le projet de loi qui va placer, à partir du 1er janvier 2009, la gendarmerie sous l'autorité hiérarchique du ministère de l'Intérieur, finalisant le processus de rapprochement police-gendarmerie initié dès 2002.
Le Conseil des ministres a adopté jeudi le projet de loi qui va placer, à partir du 1er janvier 2009, la gendarmerie sous l'autorité hiérarchique du ministère de l'Intérieur, finalisant le processus de rapprochement police-gendarmerie initié dès 2002. — Stephan Agostini AFP/Archives
Vendredi, à Toulouse, Michèle Alliot-Marie lance la première des milliers de rencontres entre les forces de l’ordre et les citoyens qui auront lieu durant plus de deux mois dans toute la France.

Ces forums visent, comme l’explique en exclusivité pour 20 Minutes la ministre de l’Intérieur, «à renforcer le lien de confiance entre la population et les forces de l’ordre par une meilleure connaissance réciproque, car c’est indispensable pour être efficace contre la délinquance, pour isoler les délinquants dans la société, pour éviter que, par manque de confiance dans la police, certains n’osent pas dénoncer les faits dont ils sont victimes».

Une liberté de parole totale

Ces débats, qui auront lieu à chaque fois à l’échelle des cantons et arrondissements, doivent rassembler dans un même lieu, neutre et accessible à tous, policiers, gendarmes, préfets ou sous-préfets… Avec une liberté de parole totale, comme l’a promis la ministre, qui compte en tirer des idées concrètes pour l’avenir, mais qui espère aussi que les forces de l’ordre prendront mieux en compte certaines critiques.

Un site Internet permettra, en plus des communications faites sur le plan local, d’annoncer toutes les rencontres. Et des Assises se tiendront en juin pour procéder à une synthèse.

La majorité accusée par le PS de porter atteinte aux libertés publiques

Cette initiative intervient à un moment où la majorité est accusée de toutes parts de porter atteinte aux libertés publiques. Notamment de la part du Parti socialiste, qui a publié un Livre noir dénonçant, en 89 chapitres, les «atteintes aux libertés publiques» depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. L’opposition y pointait justement «le mépris de la prévention et le démantèlement de la police de proximité».

Des accusations réfutées par Michèle Alliot-Marie: «Je veux faire de mon ministère, un grand ministère moderne de la protection des Français, des personnes, des biens, des libertés. Pour cela, je veux la plus grande transparence sur notre action».