Les jeunes en première ligne face à la crise

EMPLOI Le nombre de jeunes de moins 25 ans inscrits au chômage pourrait augmenter de 150.000 à 250.000 en 2009. Et si le rythme infernal de ces 3 derniers mois continue, cela pourrait être bien pire...

Avec agence

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Fadela Amara a par ailleurs signé, dans le quartier d'Empalot, proche du centre-ville, les premiers "contrats d'autonomie", le nouveau dispositif pour aider les jeunes des quartiers défavorisés à trouver un emploi.
Fadela Amara a par ailleurs signé, dans le quartier d'Empalot, proche du centre-ville, les premiers "contrats d'autonomie", le nouveau dispositif pour aider les jeunes des quartiers défavorisés à trouver un emploi. — Pascal Pavani AFP

«Le chômage des jeunes augmente deux fois plus vite que celui du reste de la population». Le document du Haut commissariat, intitulé «les jeunes dans la crise économique», est plus qu’alarmiste.

«Rien qu'entre novembre et janvier, le nombre de demandeurs d'emploi de moins de 25 ans a augmenté de 12%» et il «pourrait atteindre 650.000 si cette progression se poursuit au même rythme», constate l’étude. En février, les jeunes sont encore touchés de plein fouet.

«Il faut remonter à 1994 pour retrouver un nombre de jeunes demandeurs d'emploi aussi élevé». Le Haut commissariat, dirigé par Martin Hirsch, prévoit «entre 150.000 et 250.000 jeunes au chômage de plus cette année». De plus, «un nombre non négligeable de 50.000 à 100.000 jeunes retarderont leur entrée sur le marché du travail cette année».

Des pistes, mais des fonds?

C'est d'autant plus dommage, souligne le Haut commissariat, que les jeunes auraient dû profiter du retournement démographique, avec d'un côté 100.000 départs en retraite de plus sur les cinq ans à venir et moins de jeunes entrants sur le marché du travail (-50.000 en 2008, -81.000 en 2009).

Le document énumère plusieurs pistes pour contrecarrer cette crise: 1) mobiliser l'alternance; 2) débloquer en urgence des places en section d'apprentissage dans les métiers porteurs; 3) 7.200 places supplémentaires en écoles de la 2ème chance; 4) développer les contrats aidés; 5) lancer le service civique.

Côté financement, deux «options» sont envisagées : puiser le Fonds social d'investissement (FSI) ou emprunter. Dimanche, Martin Hirsch a proposé que l'Etat se rembourse en augmentant légèrement les cotisations patronales dans 2 ans.

Le plan d'urgence présenté avant le 15 avril

Fin janvier, il y avait 413.200 jeunes demandeurs d'emploi sans aucune activité.

Nicolas Sarkozy a annoncé mardi à Saint-Quentin qu'«un plan d'urgence en faveur des jeunes» axé sur l'essor de l'apprentissage et des formations en alternance serait présenté avant le 15 avril. Le chiffre de 1,5 milliard avancé dimanche par Martin Hirsch pour financer l'embauche et le salaire de 100.000 d'entre eux en contrats en alternance n'a pas été jugé «déraisonnable» par François Fillon. Qui a également glissé que cette nouvelle dépense sera le fruit de «transferts» et non de nouveaux crédits budgétaires

La CGT est sceptique. «Si cet argent est uniquement versé comme subventions ou aides aux entreprises qui ne débouchent sur aucune formation qualifiante et une embauche durable dans un emploi de qualité, ce sera un gâchis supplémentaire», a estimé la secrétaire confédérale Agnès Nathon. «L'emploi de 200.000 jeunes doit se faire dans des emplois en tension comme les services à la personne, d'une moyenne d'utilisation de 10 heures hebdomadaires, l'hôtellerie-restauration, le bâtiment, bref des emplois dont on sait qu'ils sont des emplois précaires, mal qualifiés, mal reconnus et mal rémunérés».