Les salariés de Clairoix en route pour l'Elysée

REPORTAGE Une délégation doit être reçue pour évoquer la fermeture de l'usine Continental...

Julien Ménielle

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Les salariés de l'usine Continental de Clairoix (Oise) se rendent à l'Elysée, où ils doivent être reçus, le 25 mars 2009.
Les salariés de l'usine Continental de Clairoix (Oise) se rendent à l'Elysée, où ils doivent être reçus, le 25 mars 2009. — Julien Ménielle

«On est "un bon neuf cents".» Véronique est venue avec ses collègues dans l'un des dix-huit bus partis ce mercredi matin de l'usine Continental de Clairoix (Oise). Direction l'Elysée, où «une délégation de douze personnes, tous syndicats confondus» doit être reçue pour évoquer la fermeture du site picard. Pour être plus visibles, ils ont choisi de finir le trajet à pieds, depuis la gare du Nord.

>>> Pourquoi Continental veut fermer Clairoix? Pour le savoir, cliquez ici.

«On ne sait pas qui on va voir, explique Véronique, mais on doit faire pression.» L'objectif: repousser la date du plan social, prévu le 31 mars. «On sait que l'usine va fermer, mais on veut sauver ce qui peut l'être», lâche la salariée. Sur le boulevard Haussmann, les manifestants plaquent des autocollants sur les vitrines et des passants.

«Il faut se battre»

Serge, commerçant sur le boulevard, brandit le poing au rythme des «solidarité, solidarité!» du cortège. «Bien sûr que je suis solidaire, assure-t-il. Marre qu'il y en ait qui se goinfrent pendant que les autres crèvent.» Un peu plus loin, sur le trottoir, un homme en costume lance un encouragement: «Il faut se battre!»

«Mais tout à l'heure, un vieux monsieur m'a aussi demandé de retourner faire mon ménage», ajoute Véronique, qui reconnaît cependant que la majorité des gens témoigne du soutien. Les manifestants poursuivent leur route vers l'Elysée. En espérant que Nicolas Sarkozy, comme il l'a assuré, «fera en sorte qu'ils (les dirigeants de Continental) respectent leur engagement» de pérenniser l'emploi du site jusqu'en 2012.