Une filiale du Crédit Agricole distribue 51 millions d'euros à ses cadres après avoir décidé de supprimer 75 emplois

BONUS Le groupe a partiellement confirmé ces informations...

J.M.

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Toujours affectées par la crise des "subprime", les banques françaises Crédit Agricole et Natixis ont annoncé jeudi des résultats trimestriels en forte baisse et des plans de rigueur, qui passeront par des suppressions d'emplois, pour redresser la situation.
Toujours affectées par la crise des "subprime", les banques françaises Crédit Agricole et Natixis ont annoncé jeudi des résultats trimestriels en forte baisse et des plans de rigueur, qui passeront par des suppressions d'emplois, pour redresser la situation. — Jacques Demarthon AFP

A chaque jour son dirigeant polémique. Après le parachute doré de l'ancien PDG de Valeo, le «maxi-bonus» des dirigeants de Cheuvreux, filiale du Crédit agricole. CA Cheuvreux, spécialisé dans le courtage, a confirmé ce mercredi avoir versé à «la quasi-totalité» de ses 800 salariés des bonus au titre de 2008, malgré la mise en oeuvre d'un plan social concernant 31 personnes en France.

Le porte-parole n'a cependant pas fourni le montant de l'enveloppe attribuée, ni donné de précision sur sa répartition. Plus tôt dans la matinée, le quotidien «Libération» a révélé que le «top management» devait recevoir une enveloppe de 51 millions d'euros, après avoir mis en place un plan de restructuration supprimant 75 emplois dans le but d'économiser 32 millions d'euros.

Mini-bonus en 2010

«Les rémunérations variables dont il est question concernent l’année 2008, exercice au cours duquel Cheuvreux a enregistré des résultats satisfaisants, malgré une fin d’année plus difficile», a fait valoir le groupe dans un communiqué. Cheuvreux a par ailleurs tenu à préciser que «pour 2009, le recul de l'activité se traduira par une très forte baisse des rémunérations variables» qui seront versées en 2010.

La veille, le gouvernement avait annoncé son intention de s'opposer au versement des 3,2 millions d'euros à Thierry Morin. Alors que Nicolas Sarkozy n'a pas annoncé de loi encadrant ce type de rémunérations lors de son discours de Saint-Quentin, une réaction de l'Etat, qui a accordé 3 milliards d'euros de fonds propres au Crédit agricole, est attendue.