Nicolas Sarkozy assume son « tempo »

David Carzon

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« Le chemin que nous avons pris nous permettra de nous en sortir. J'ai confiance. » Après son discours aux accents alarmistes de Toulon en septembre, au tout début de la crise, Nicolas Sarkozy a voulu se montrer volontariste et optimiste sur sa capacité à sortir la France de l'ornière, hier, à Saint-Quentin (Aisne). « Ce sera dur, mais on va s'en sortir », a-t-il expliqué, promettant de ne laisser personne au bord du chemin et d'assurer dans le même temps les conditions optimales de sortie de crise. Un défi compliqué.

Pour lui, tout est une question de tempo. C'est sa réponse à la contestation sociale (mille personnes ont d'ailleurs manifesté dans la ville avant son discours), qui demande d'en faire plus pour soutenir la consommation : « Le bon tempo, ce n'est pas celui des manifestations, c'est celui de l'intérêt général des Français. » Pour autant, il a assuré que « si la situation se dégradait, nous en ferions davantage ». Mais avant d'en arriver là, il voit déjà trois domaines où porter ses efforts : le développement des infrastructures de transports ; l'accompagnement des restructurations industrielles, à travers la nomination d'« un commissaire à la réindustrialisation qui aura les pleins pouvoirs pour agir » ; la lutte contre le chômage des jeunes, avec un plan d'urgence présenté avant le 15 avril qui mettra l'accent sur « la formation en alternance, les contrats aidés ou le service civique ».

En plus de la défense attendue du bouclier fiscal, une mesure de « justice » selon lui, impossible pour Nicolas Sarkozy de ne pas évoquer les sujets du moment : le G20 de la semaine prochaine et le problème de la rémunération des patrons en temps de crise. Sur le premier thème, le chef de l'Etat ne veut pas d'un sommet des vingt premières puissances mondiales qui ne mette pas fin aux dérives du capitalisme. En ce qui concerne le second, il a promis la fin « des parachutes dorés, des bonus, des distributions d'actions gratuites ou de stock-options dans une entreprise qui reçoit une aide de l'Etat, qui met en oeuvre un plan social d'ampleur ou qui recourt massivement au chômage partiel ». ■■Lire aussi p. 12