Kidnapping d'Elise: La Chancellerie défend la mise en place du plan Alerte Enlèvement

RAPT Plusieurs sources policières se sont étonnées de son usage dans le cadre d’un enlèvement parental...

M.Gr. avec agence

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Le plan Alerte Enlèvement, déclenché vendredi après le rapt de la petite Elise, était justifié en raison de "la violence inouïe" du commando qui s'est emparé de la fillette dont l'intégrité physique "était en danger", a estimé lundi le porte-parole du ministère de la Justice Guillaume Didier.
Le plan Alerte Enlèvement, déclenché vendredi après le rapt de la petite Elise, était justifié en raison de "la violence inouïe" du commando qui s'est emparé de la fillette dont l'intégrité physique "était en danger", a estimé lundi le porte-parole du ministère de la Justice Guillaume Didier. — Michel Gangne AFP/Archives

«Si c'était à refaire, on le referait». Le porte-parole du ministère de la Justice, Guillaume Didier, a été clair. Le plan Alerte Enlèvement, déclenché vendredi après le rapt de la petite Elise, était justifié. Par «la violence inouïe de l'enlèvement accompagné du passage à tabac du père par des hommes armés de matraques électriques, confirmé par des témoins, qui prouve bien que l'intégrité physique de cette enfant de trois ans était en danger», a confié Guillaume Didier.

«Ce plan Alerte Enlèvement a été utile. Qu'aurions-nous aujourd'hui comme information s'il n'avait pas été déclenché?», a ajouté le procureur de Tarascon (Bouches-du-Rhône), Antoine Paganelli, qui a lancé le plan après avis du ministère de la Justice.

«Il s'est révélé utile puisque nous avons repéré la voiture grâce au radar qui l'a flashée mais aussi grâce à des témoignages de gens alertés par le plan. Il en est de même pour la ressortissante suisse qui nous a contactés après une diffusion télévisée de l'alerte», a ajouté le magistrat.

Le risque de multiplier inutilement cette procédure

Suite à l’enlèvement d’Elise, plusieurs sources policières ont fait part de leur scepticisme. Ils redoutent que le déclenchement du plan Alerte Enlèvement, dans un cas d'enlèvement parental, ne risque de multiplier inutilement cette procédure.

Rappelons que plusieurs critères doivent être remplis pour déclencher le plan: l'enlèvement doit être avéré, la victime doit être mineure, sa vie ou son intégrité physique doivent être menacées, des éléments doivent également permettre de localiser ou d'identifier le ou les ravisseurs.

La Chancellerie a émis un avis favorable dans le cas d'Elise. «Au moment où le plan Alerte Enlèvement est déclenché, il n'existe aucune preuve qu'il s'agit d'un enlèvement parental», a précisé Guillaume Didier. Ce n'est que dans un second temps que le père a dit avoir reconnu la mère de la fillette.

La piste familiale a refroidi l'Alerte enlèvement.

Vendredi, quatre heures après l’enlèvement, la piste du différend familial était révélée, par 20minutes.fr notamment. «C’est relativement rassurant pour la santé de la petite», nous confiait le Parquet de Tarascon.

Et six heures après le rapt, l’Alerte enlèvement était levée, sans que les autorités donnent la moindre explication. «Les médias sont libres de continuer à relayer l’Alerte enlèvement», nous expliquait-on Place Beauvau vendredi vers 19 heures. Le lien semble pourtant clair: la piste familiale a refroidi l'Alerte enlèvement.

On recense 250 nouveaux dossiers de déplacements illicites d'enfants entre la France et l'étranger chaque année. Mais «il n'y a quasiment jamais d'enlèvement au sens pénal», a souligné Guillaume Didier. Le procureur Paganelli défend vaille que vaille la procédure: «On ne peut pas affirmer qu'un enlèvement familial n'est jamais sujet à danger pour l'enfant».