Le gouvernement ne compte pas reculer face à la rue

POLITIQUE François Fillon restera finalement à Paris et devrait s'exprimer au 20h de TF1...

20minutes.fr

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Jean-Claude Mailly (FO), François Chérèque (CFDT) et Bernard Thibault (CGT) en tête de la manifestation parisienne du 29 janvier 2009
Jean-Claude Mailly (FO), François Chérèque (CFDT) et Bernard Thibault (CGT) en tête de la manifestation parisienne du 29 janvier 2009 — CHESNOT/SIPA
La grande journée d'action sociale de jeudi ressemble à s'y méprendre à celle du 29 janvier. Mais il y a une nette différence: le gouvernement n'a pas prévu de sommet social pour négocier avec les syndicats.

Le mouvement du 29 janvier était devenu le grand rendez-vous qui devait fixer les rapports de force, avant le sommet de l'Elysée programmé d'avance le 18 février. Cette fois-ci, le gouvernement n'a rien à offrir aux syndicats et il va bien falloir meubler le discours médiatique.

François Fillon reste à Paris

Alors qu'il devait accompagner Nicolas Sarkozy à Bruxelles pour le Conseil européen, François Fillon restera finalement à Paris, a annoncé Matignon ce mercredi soir. Il s'exprimera le soir même au journal de 20h00 de TF1, selon une source proche du dossier. Le nouveau ministre du Travail, Brice Hortefeux, passera quant à lui son grand oral au 20h de France 2. Le Medef risque se retrouvera donc un peu moins seul que prévu face aux syndicats.

François Fillon a toutefois annoncé la couleur: il n'y aura pas d'«enveloppe supplémentaire» après les 2,6 milliards d'euros accordés lors du sommet social du 18 février. La communication s'oriente donc vers un rappel des mesures déjà prises (et qui ne sont pas encore entrées en application).

Le Premier ministre a insisté sur le dispositif d'urgence applicable dès le 1er avril et notamment un impôt allégé en 2009 pour les ménages les moins aisées (4 millions de personnes au miminum), une revalorisation de 7% du minimum vieillesse ou encore le versement d'une prime de solidarité de 200 euros pour 3,8 millions de personnes.

Du grain à moudre pour les syndicats

En voulant éviter de creuser encore le déficit public, l'exécutif réduit du même coup sa marge de manoeuvre. Il n'envisage pas de revenir sur un des piliers de sa politique depuis 2007: la remise en cause, comme le demandent les syndicats, du «paquet fiscal», ou l'augmentation de l'impôt sur les revenus pour les plus fortunés (une proposition issue de la majorité) ne sont pas d'actualité.

Nicolas Sarkozy a donné du grain à moudre aux syndicats et à l'opposition en s'emportant contre la proposition de certains députés UMP d'augmenter les impôts des plus riches: «Je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts, moi. Si on veut augmenter les impôts dans notre pays, il y a tellement de candidats pour les augmenter, vous aurez l'embarras du choix aux prochaines élections!», a-t-il tempêté mardi.

Hortefeux en première ligne

La marge de manœuvre pourrait venir du patronat qui a reçu une lettre très ferme de Christine Lagarde et Brice Hortefeux. D'après «Le Monde», les deux ministres ont demandé à Laurence Parisot, la présidente du Medef, de leur faire des propositions concrètes «d'ici le 31 mars prochain» sur plusieurs thèmes polémiques: bonus des patrons, contrôle des aides publiques...