Témoignage d'une retraitée électro-hypersensible

SANTE Brigitte n'a pas supporté quand le wi-fi a été installé dans la bibliothèque municipale de la place d'Italie, à Paris, où elle travaillait.

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Bertrand Delanoë en avait fait un slogan: «Paris, ville numérique». Les bornes wi-fi ont donc fleuri dans la capitale: universités, accès publics dans les rues ou dans les bibliothèques municipales. Mais certains fonctionnaires, comme Brigitte Malgrange, ne l'ont pas supporté.

Elle raconte: « Tout a commencé en juillet 2007, le jour même où le wi-fi a été installé dans la bibliothèque municipale de la place d'Italie où je travaillais. Et contre ceux qui prétendent que c'est psychologique, je n'ai su que quelques jours après qu'une borne avait été mise en place. J'étais dans un état bizarre, presque second, que je n'avais jamais ressenti auparavant. C'était toujours le même scénario: pendant une demi-heure, le matin, tout allait bien. Puis la nausée arrivait, accompagnée de douleurs aux reins, à la tête, et de difficultés à réfléchir. Toute la journée, une fatigue insoutenable m'envahissait alors que j'étais sportive et en pleine santé. On me répondait que j'avais peur du progrès, que j'étais dépressive. J'ai fait tous les examens possibles; ils n'ont jamais rien révélé. Avec le syndicat, nous avons obtenu le débranchement du wi-fi, avant qu'il ne soit remis. En janvier 2008, après six mois de souffrance et d'arrêts de travail, je suis partie à la retraite. Aujourd'hui, j'ai aménagé ma maison avec des rideaux spéciaux, qui coûtent entre 1.000 et 2.000 euros et pour lesquels la Sécurité sociale ne m'a pas donné le moindre centime. Chez moi, pas de wi-fi bien sûr, mais mes enfants ont quand même leur téléphone portable, que je leur demande de garder éteint la plupart du temps.»