Peu d'alliés pour l'alliance atlantique

Vincent Glad

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La question du retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan fait polémique jusque dans les rangs de l'UMP. Pour faire taire l'opposition interne, François Fillon a engagé, hier, la responsabilité de son gouvernement à l'Assemblée nationale. A la tribune, le Premier ministre a voulu dédramatiser cette décision. Le retour complet de la France dans l'Otan ne constitue, selon lui, qu'un « ajustement » qui laissera au pays « son indépendance de ton et d'action » : « Alliée mais pas vassale, fidèle mais pas soumise, voilà la nature de nos relations avec les Etats-Unis. »

Le Premier ministre a trouvé face à lui un ancien titulaire du poste, Laurent Fabius. Le PS est résolument contre la décision de Sarkozy, craignant que la France ne perde en autonomie : « Qui peut croire que si nous avions réintégré complètement l'Otan, la France aurait pu prendre, lors de la deuxième guerre en Irak, la tête d'un mouvement d'opposition qui était juste et qui a fait école dans le monde ? », a lancé Fabius.

Fillon avait prévu la parade, rappelant le débat de 1966, quand de Gaulle avait quitté le commandement intégré de l'Otan : « Quarante ans après, voir la gauche célébrer un héritage qu'elle a combattu, c'est heureux mais c'est très conformiste. » ■