Derrière la mobilisation sociale, quel débouché politique ?

— 

Enervés de tous les secteurs, unissez-vous. La mobilisation sociale de demain va-t-elle déboucher sur le plan politique ? C'est en tout cas l'espoir nourri par une partie de la gauche, le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot en tête. Face à un PS qui souhaite rester dans son rôle traditionnel d'accompagnateur du mouvement, - même si les socialistes ont signé avec onze autres formations de gauche un texte commun appelant à « amplifier la mobilisation » - le NPA pousse à une radicalisation de la grogne.

Défendant « la révolte légitime des salariés à bout », le parti d'extrême gauche milite pour « une grève illimitée et reconductible », en prenant exemple sur la crise qui a agité les Antilles (lire ci-dessous). Un discours qui passe de mieux en mieux, face à un gouvernement refusant de céder et à un PS toujours empêtré dans des guéguerres internes, et jugé passif par la population. Cette montée en puissance du NPA gêne jusqu'aux syndicats, à l'image de la CFDT qui a qualifié récemment ses militants de « rapaces » qui « font le tour des entreprises en difficulté ». De nombreux salariés du privé, licenciés ou menacés de l'être, devraient grossir les rangs des manifestations de demain, comparées à celles du 29 janvier . Depuis plusieurs jours, les blocages d'entreprises annonçant des licenciements en masse ou leur fermeture pure et simple (Faurecia dans le Pas-de-Calais, GlaxoSmithKline à Evreux, Sony France à Pontonx-sur-l'Adour, Continental à Clairoix...) se multiplient. Un ras-le-bol croissant qui devrait se matérialiser logiquement dans les cortèges. ■Bastien Bonnefous