Bras de fer entre syndicats et gouvernement

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Les syndicats espèrent bien que le ras-le-bol des Français viendra leur prêter main-forte. Car de leur propre aveu, leur action n'a encore rien donné. « Le chef de l'Etat doit accepter de discuter nos propositions », a tonné hier le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, dans une interview au Monde. « Le gouvernement doit agir » en faveur des salariés et non « se lamenter » sur la multiplication des suppressions d'emplois, a-t-il martelé. Rappel des faits.

Le 29 janvier a-t-il été suivi d'effets ? Pour les syndicats, le compte n'y est pas. Le « sommet social » convoqué le 18 février n'a débouché que sur des « mesures parcellaires ». Par souci de « justice sociale », l'Elysée avait mis 2,6 milliards d'euros sur la table pour financer une baisse d'impôts sur le revenu et diverses primes (150 euros pour les bénéficiaires de l'allocation de rentrée scolaire ou encore un chèque emploi-service de 200 euros pour certaines familles et personnes âgées). Rien à voir avec « le changement de cap économique », réclamé par les syndicats qui refusent la politique du « travailler plus pour gagner plus » mise en oeuvre par Sarkozy depuis son élection.

Quelles revendications pour demain ? Elles n'ont pas changé. Les syndicats demandent la remise en cause du « paquet fiscal », notamment les exonérations de charges pour les heures supplémentaires et le bouclier fiscal (lire page 14). Face à la crise, ils exigent aussi une hausse du smic, la protection des salariés contre les licenciements, l'arrêt des suppressions de postes de fonctionnaires et des contreparties sociales aux allégements de charges des entreprises.

Que peuvent espérer les syndicats ? Pour l'heure, le Premier ministre reste inflexible. Il n'y aura « aucune enveloppe supplémentaire, car c'est de la dette supplémentaire », a prévenu François Fillon. La couleur a d'ailleurs été annoncée hier. Le gouvernement a demandé au Medef des « propositions » pour « encadrer la rémunération des dirigeants des entreprises qui recourent massivement à du chômage partiel ou décident un licenciement économique d'ampleur ». ■Angeline Benoit