Les associations dans la rue pour la fin de la trêve hivernale

LOGEMENT Elles manifestent ce dimanche après-midi pour réclamer l'arrêt des expulsions locatives...

Avec agence

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De 900 à 3.000 voire 4.000 personnes selon la police ou les organisateurs, ont manifesté samedi à Paris en faveur du droit au logement à la veille de la fin de la trêve hivernale des expulsions locatives.
De 900 à 3.000 voire 4.000 personnes selon la police ou les organisateurs, ont manifesté samedi à Paris en faveur du droit au logement à la veille de la fin de la trêve hivernale des expulsions locatives. — Joël Saget AFP

Pendant la trêve (1er novembre-15 mars), personne ne peut être expulsé. Mais «au 1er jour ouvrable après la date du 15 mars», les expulsions locatives peuvent reprendre, en l'occurrence le 16 mars à 6h du matin.

Christine Boutin a affirmé jeudi que «désormais, il n'y aurait plus de personnes mises à la rue, plus d'expulsions sans une solution de remplacement». Cette promesse n'a toutefois pas convaincu les associations de défense des mal-logés. Une vingtaine d'entre elles et de partis politiques appellent à manifester ce dimanche pour dire «non aux expulsions» et réclamer une baisse des loyers, une amélioration des aides personnelles au logement et la réalisation «massive de logements sociaux».

Des matelas empilés

A Paris, entre 1.100 et 5.000 personnes selon la police et les organisateurs ont manifesté à l'appel à l'appel de nombreuses organisations: CNL (Confédération nationale du logement), DAL (Droit au logement), Attac, Coordination anti-démolition HLM, Ligue des Droits de l'homme, CGT, Collectif pas touche au livret A, FSU, Verts, PCF, NPA. Le cortège s'est élancé de la place de la République vers 15h . Des manifestations étaient également prévues en région.

En outre, le mouvement Emmaüs annonce une «opération coup de poing» lundi matin, appelant à empiler des matelas place de la République, à l'aube, pour symboliser la violence des expulsions. A Toulouse, déjà, une centaine de personnes ont déposé ce dimanche des matelas devant la préfecture de Toulouse pour s'y allonger symboliquement, à l'appel d'associations de défense des mal-logés, a constaté un photographe de l'AFP.

Emmaüs fait partie du collectif des 32 associations s'occupant du mal-logement qui a réclamé la semaine dernière «un moratoire des expulsions locatives». Selon Emmaüs, «500.000 ménages sont en situation d'impayés de loyers» (et donc menacés d'expulsion), une situation qui concerne «majoritairement des ménages modestes ou très modestes qui perçoivent pourtant une aide au logement».

220.000 personnes concernées

Près de 220.000 personnes occupent un logement sans droit et sans titre à la suite d'une décision d'expulsion. L'an dernier, plus de 11.000 expulsions de personnes sans solution de relogement ont été faites avec le concours de la force publique. Le monde associatif dénonce comme absurdes ces expulsions alors même que la loi sur le droit au logement opposable (Dalo) fait obligation au gouvernement de reloger prioritairement ces personnes expulsées.

Les associations soulignent aussi que le gouvernement, loin de favoriser les mesures de préventions des expulsions, a, au contraire réduit la durée des procédures d'expulsion de trois ans à un an. De son côté l'Unpi (Union nationale de la propriété immobilière) souhaite «la fin de la trêve hivernale» estimant qu'il est «mathématiquement plus facile de se reloger sur douze mois» que sur une période limitée.