Colonna, la justice passe en force

CORSE Le procès en appel du berger a repris malgré son absence et celle de ses avocats...

Bastien Bonnefous

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Yvan Colonna a refusé jeudi de comparaître à son procès en appel comme il l'avait annoncé la veille, souhaitant rester dans la souricière du palais de justice de Paris, a-t-on appris à la reprise des débats en début d'après-midi.
Yvan Colonna a refusé jeudi de comparaître à son procès en appel comme il l'avait annoncé la veille, souhaitant rester dans la souricière du palais de justice de Paris, a-t-on appris à la reprise des débats en début d'après-midi. — Benoit Peyrucq AFP

Preuve que la cour d'assises spéciale de Paris est devenue un véritable théâtre, il y a désormais, à l'instar du festival d'Avignon, un procès Colonna «in» et un autre «off». Le «in» a repris hier dans un prétoire amputé de moitié, avec le box et les bancs de la défense vides. Comme annoncé mercredi, Yvan Colonna et ses avocats ont refusé de comparaître, le berger corse préférant rester à la souricière du palais «qui sent la pisse», avait-il précisé avant de quitter les débats.

La défense prépare un «livre blanc»

Le procès en appel a donc continué - parties civiles et accusation dénonçant simplement qui du «terrorisme judiciaire», qui un «happening permanent» - avec l'audition des témoins prévus au planning. Problème, Martin Ottaviani, le premier entendu, a refusé de répondre à la cour. «Etant donné qu'Yvan Colonna et ses avocats ne sont pas présents, je ne répondrai à aucune question», a expliqué l'un des membres condamnés du commando Erignac. Pendant près de deux heures, magistrats, avocats et avocats généraux l'ont interrogé, avec à chaque fois la même réponse : «je n'ai rien à déclarer». Prévue après lui, Jeanne Ferrandi, l'épouse d'un autre conjuré, ne s'est même pas présentée. La plupart des témoins corses attendus ces prochains jours - à commencer par les membres de la famille Colonna - devraient faire de même, provoquant certainement l'accélération de la fin du procès.

Le «off», lui, a eu lieu à l'extérieur du palais, à la Maison du Barreau. Les avocats de Colonna y ont tenu un point-presse auquel assistait le comité de soutien du berger venu faire la claque. Ils ont expliqué leurs raisons de quitter un procès devenu selon eux une «sinistre comédie», et précisé que «l'affaire Colonna ne fait que commencer». «Nous portons ce combat devant l'opinion publique», a déclaré Me Maisonneuve, annonçant la parution prochaine d'un «libre blanc pour la défense d'Yvan Colonna», ainsi que des recours devant la Cour de cassation et la Cour européenne des droits de l'homme.

Code

Un procès sans accusé ni défense, est un cas rarissime mais possible. Le dernier en date est le procès Ferrara à l'automne 2008. Le Code de procédure pénale prévoit qu'en cas de refus d'un accusé de comparaître, celui-ci doit rester «à la disposition de la cour» pour que lui soit fait «lecture du PV des débats» après chaque audience. Par ailleurs, le défaut d'un avocat récusé par son client, «dès lors qu'il ne résulte pas du fait de la cour, du président ou du ministère public, ne vicie pas la procédure».

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