Après la tuerie de Winnenden: l'école, «sanctuaire» menacé

REVUE DE PRESSE La presse allemande cherche à comprendre, les quotidiens français ne peuvent s'empêcher de faire le rapprochement avec les intrusions dans les lycées franciliens...

20minutes.fr

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Un adolescent en tenue noire de combat a ouvert le feu mercredi dans une école allemande et massacré au moins 15 personnes avant de retourner son arme contre lui.
Un adolescent en tenue noire de combat a ouvert le feu mercredi dans une école allemande et massacré au moins 15 personnes avant de retourner son arme contre lui. — Torsten Silz AFP/DDP

L’espoir est mince, mais ils veulent connaître les raisons d’un carnage. Les journaux allemands s’interrogent ce jeudi matin. Un immense «Warum» («Pourquoi») barre la Une du «Frankfurter Allgemeine Zeitung», tout comme celle du journal local, le Winnender Zeitung. Pour le tabloïd «Bild», qui publie la photo d’un tueur jeune et banal, binoclard amateur de ping-pong, il s'agit d'une haine des femmes. Le site de la chaîne RTL explique que le tueur aimait les jeux vidéos, et notamment Counter Strike, le jeu en réseau le plus couru dans le monde.

Si le «Parisien» cite un écrivain et spécialiste, qui revient sur le «cynisme, l’une des marques de fabrique des tueurs de masse», les journaux français s’attardent sur le «sanctuaire» des écoles, «violé» à plusieurs reprises ces derniers mois.

«C’est une danse misérable avec barres de fer et couteaux»

«Des jeunes gens encagoulés pénètrent dans un lycée à Gagny. Ils cherchent quelqu’un qu’ils vont sérieusement tabasser et blesser. C’est une danse misérable avec barres de fer et couteaux. Le lendemain, en Allemagne, un jeune homme de 17 ans entre dans un collège et commence à tirer au pistolet, tuant, avant d’être abattu par la police, une quinzaine de personnes.» L’écrivain Philippe Sollers, éditorialiste d’un jour pour «Libération», jette une sombre passerelle entre les drames. Elle est faite de désarroi: «Je suis jeune, j’ai l’impression que tout est bloqué pour moi, je ne crois plus un mot de ce qu’on me raconte.»

«La Croix»
n’est pas moins dépitée: «Toutes les lois, tous les décrets, toutes les barrières de sécurité, tous les portiques de détection d'armes seront bien impuissants face aux violences, et, dans certains cas extrêmes, face aux gestes désespérés, si nous, collectivement, renonçons à nous poser la question: quelle société bâtissons-nous pour nos enfants?»