Boutin l'expulsée refuse toute expulsion sans relogement

LOGEMENT La ministre, qui raconte comment elle a dû fuir les huissiers, veut rassurer alors que la trêve hivernale se termine dimanche prochain...

Avec agence

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De 900 à 3.000 voire 4.000 personnes selon la police ou les organisateurs, ont manifesté samedi à Paris en faveur du droit au logement à la veille de la fin de la trêve hivernale des expulsions locatives.
De 900 à 3.000 voire 4.000 personnes selon la police ou les organisateurs, ont manifesté samedi à Paris en faveur du droit au logement à la veille de la fin de la trêve hivernale des expulsions locatives. — Joël Saget AFP

«Désormais, il n'y aura plus de personnes mises à la rue, plus d'expulsions sans une solution de remplacement.» Alors que la trêve hivernale s'achève le 15 mars et qu'un collectif de 32 associations d’aide aux mal-logés a demandé un moratoire sur les expulsions, Christine Boutin a tenu à préciser ce jeudi dans un entretien à «Aujourd'hui en France/Le Parisien» qu'il n'y aurait plus d'expulsions sans une solution de relogement.

«Un préfet ne mettra plus à exécution un jugement d'expulsion sans proposer un relogement ou un hébergement pour les locataires dans l'impossibilité de payer leur loyer», a expliqué la ministre du Logement. «Ce principe entre immédiatement en vigueur».

Elle rappellera cette obligation aux préfets ce jeudi, lors d’un déplacement à Châlons-en-Champagne (Marne). Pour Boutin, «tout cela sera encadré par la loi sur le logement qui exige la mise en place, dans chaque département, d'une commission de prévention des expulsions et qui facilite le développement de l'intermédiation locative».

Boutin l’expulsée

«Ma sensibilité vis-à-vis des plus vulnérables vient de ce que j’ai connu dans mon enfance. J’ai vécu la pauvreté et le regard de ceux qui possèdent: un regard assassin, destructeur». La ministre du logement sait ce que perdre son foyer signifie, et elle l’a confié à «Aujourd'hui en France/Le Parisien».

Elle a à peine 16 ans, à la fin des années 1950 quand son père, un arboriculteur de Touraine, doit vendre la maison familiale car il est trop endetté. «Je me souviens des papiers d’huissiers sur la porte d’entrée. On est partis en catimini la nuit, avant que les flics n’arrivent. Cet épisode, je l’assume totalement, mes proches moins. Je ne veux pas faire de peine à ma mère, qui a 90 ans (elle appelle ainsi sa belle-mère qui l’a élevé, sa propre mère ayant disparu quand elle avait 5 ans)», explique-t-elle.