La France fait face au blues de ses médecins généralistes

Laura Jaumouillé

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Ce sont des médecins généralistes inquiets qui se sont rassemblés, hier, à Paris au 37e congrès national du Medec. Ils craignent pour leur profession qu'ils disent « en péril ». Si le nombre de praticiens tend à augmenter depuis deux ans, la densité a, elle, reculé de manière importante depuis l'année dernière. Et pour cause, la hausse du nombre de praticiens est moins rapide que celle de la population. Une tendance qui ne devrait pas s'arranger dans les prochaines années.

Les jeunes diplômés peinent à s'orienter vers la médecine générale. Selon le syndicat MG France, en 2008, « 620 postes sur 2 000 disponibles en médecine générale sont restés non pourvus ». « Les jeunes n'ont pas tort ! », s'exclame Raoul Corizin, praticien en Paca. « Notre profession doit supporter la surcharge de travail consécutive à la diminution du nombre de généralistes. Nous sommes nombreux à travailler plus de douze heures par jour. » A cela s'ajoutent des problèmes financiers. « Le paiement à l'acte est obsolète. Qu'un patient vienne pour un seul symptôme ou pour un bilan complet, on est toujours payés 22 euros. Notre profession n'est pas reconnue », soupire Nathalie Mackowiak, médecin généraliste et membre du bureau du syndicat des médecins généralistes de Lille. Et tous s'accordent à dire que le métier doit être « valorisé ». « Durant toute la durée de leur formation, les étudiants ne passent que six mois dans un service de médecine générale. C'est trop peu pour les y intéresser », pointe le Dr Mackowiak. « Nous souhaitons également ouvrir les numerus clausus », pour augmenter le nombre d'étudiants acceptés en deuxième année de médecine, souligne le Dr Gérard Kouchner, commissaire général du Medec. En attendant, la France fait appel à des praticiens étrangers, venus pour la plupart de Belgique ou de Roumanie. ■