Les dom s'essaient aux vases communicants

Laure de Charette (avec AFP)

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Après trente-cinq jours de paralysie et quelques nuits enflammées, ils quittent enfin la table des négociations. La Martinique se dirigeait hier vers la fin de la grève après la signature dans la nuit d'un accord sur l'augmentation de 200 euros net des bas salaires entre toutes les organisations patronales et le « Collectif du 5 février ». « Matinik lévé » (Martinique debout, en créole) ont chanté quelque dizaines de militants devant les grilles de la préfecture lors de la signature. Mais, comme en Guadeloupe quelques jours plus tôt, le collectif qui mène le mouvement contre la vie chère a immédiatement précisé qu'il ne levait pas le mot d'ordre de grève générale. Même si dans les faits, elle est déjà moins suivie par une population impatiente de pouvoir travailler et circuler à nouveau.

Le collectif a évoqué un délai de « 24 ou 48 heures » pour entériner le retour à une situation normale. Pour l'heure, il consent seulement à « des assouplissements conséquents des barrages » destinés à « desserrer l'étau » et faire en sorte que la vie économique puisse reprendre progressivement. Ces levées de barrages, qui entravaient notamment les zones industrielles, seront « ciblées », a précisé le président du collectif, tandis que les grandes surfaces n'auront d'autre choix que de rester « fermées ». Ces enseignes, souvent détenues par des békés, descendants de colons blancs esclavagistes, sont à leurs yeux responsables de la vie chère sur l'île. Il reste « des travaux pour des semaines encore », a précisé le collectif, citant les minima sociaux ou les retraites. En attendant, 47 000 salariés du privé, soit 60 % des effectifs, vont voir 200 euros de plus sur leur fiche de paie en mars. ■