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SOCIALGrosse journée de mobilisation pour le monde de l'éducation

Grosse journée de mobilisation pour le monde de l'éducation

SOCIALCette sixième journée de manifestations est la deuxième ayant rassemblé le plus de monde depuis le début du mouvement universitaire...
La communauté éducative manifeste à Strasbourg le 11 mars 2009.
La communauté éducative manifeste à Strasbourg le 11 mars 2009. - REUTERS/Vincent Kessler
C. F. et nos rédactions locales (avec agence)

C. F. et nos rédactions locales (avec agence)

Ils étaient tous là. Professeurs des écoles, enseignants de collège et lycée, enseignants-chercheurs... Tous les personnels de l'éducation étaient appelés à manifester en France ce mercredi. Le mot d'ordre des syndicats était général: protester contre les réformes de l'enseignement menées par Xavier Darcos et sa collègue Valérie Pécresse.


Un mouvement largement suivi


La mobilisation a repris du poil de la bête, avec 30.000 à 60.000 manifestants dans tout le pays. Cette sixième journée de manifestations est donc la deuxième ayant rassemblé le plus de monde depuis le début du mouvement universitaire, après celle du 10 février (43.000 à 100.000 personnes) mais avant les deux dernières des 26 février et 5 mars lors desquelles le mouvement avait faibli.

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Il faut dire que l'appel de mercredi avait un slogan large - «de la maternelle à l'université» -, susceptible d'attirer, mais il faut constater aussi que, à l'instar de la manifestation parisienne, les enseignants du primaire et du secondaire étaient peu nombreux, le cortège étant essentiellement constitué d'enseignants-chercheurs, étudiants et autres personnels des universités.

Strasbourg, Toulouse, Bordeaux, Paris...

«République! On tue ton école, ton université et ta recherche», pouvait-on lire en rouge sur une banderole portée par des étudiants à Paris. A Caen, les slogans allaient de «Enseigner, ça s'apprend», pour défendre les Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), à «Crise de la quarantaine pour les IUT: 40 ans de succès, -40% sur le budget», en signe d'inquiétude quant aux moyens des Instituts universitaires de technologie. Signe de la vigueur persistante du mouvement universitaire, de nouvelles universités ont été bloquées mercredi, comme Toulouse Paul-Sabatier ou Bordeaux-IV.

A Lyon, entre 2500 et 3500 personnes ont défilé entre la place des Terreaux et le rectorat de Lyon pour la défense de l’école publique de la maternelle à l’université. Les manifestants, des universitaires et étudiants pour la plupart » ont une fois encore réclamé des réformes du statut des enseignants-chercheurs et de la formation des professeurs engagée par valérie pécresse. A Strasbourg, 1.800 étudiants et enseignants, selon la police, ont défilé dans les rues au son du tambour et au nom des mêmes revendications. Arrivés près de la gare, ils se sont heurtés à un cordon de CRS rue du Maire-Kuss. Selon notre journaliste sur place, ces derniers ont aspergé de gaz lacrymogènes l'ensemble du cortège.

Les organisateurs de la journée, comme Sauvons l'Université ou le syndicat Snesup, ont exprimé leur insatisfaction quant au compromis trouvé vendredi sur le statut des enseignants-chercheurs, signé par des syndicats «minoritaires» et qui ne plafonne pas la hausse possible des heures de cours des professeurs.


La mastèrisation dans la ligne de mire

Mais, avec l'emploi, le principal motif de mécontentement était la réforme de la formation des enseignants, dont les manifestants demandent le report d'un an, critiquant notamment son caractère précipité et le manque de formation devant leurs classes des futurs enseignants. A Paris, des manifestants opposés à la masterisation, criaient de leur côté: «On veut un Capes, pour pas finir CRS».

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«La masterisation des enseignants est ce qui cristallise le plus les inquiétudes car elle aura des répercussions sur l'ensemble du système éducatif», a commenté dans le cortège de Bordeaux Julien Verger, un des porte-parole du collectif départemental «Sauvons l'éducation».

A ce sujet, le ministre de l'Education, Xavier Darcos, multiplie les contacts et discute des modalités concrètes de la réforme mais, interrogé à l'Assemblée nationale, il n'a pas évoqué la revendication d'un report d'un an.«Le temps d'activité du jeune enseignant - le temps seul devant sa classe, le temps passé avec son tuteur et le temps en formation continue - ainsi que la nature même de l'offre de formation continue» dans les universités font l'objet des actuelles discussions, a déclaré l'entourage du ministre.

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