Elie Domota: l'enquête le visant est «une manoeuvre de plus»

GUADELOUPE Le leader du LKP se défend des accusations de «provocation à la haine raciale»...

Avec agence

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Le parquet de Pointe-à-Pitre a annoncé samedi l'ouverture d'une enquête judiciaire, notamment pour provocation à la haine raciale et tentative d'extorsion de signature, après des déclarations du leader du "collectif contre l'exploitation" LKP, Elie Domota.
Le parquet de Pointe-à-Pitre a annoncé samedi l'ouverture d'une enquête judiciaire, notamment pour provocation à la haine raciale et tentative d'extorsion de signature, après des déclarations du leader du "collectif contre l'exploitation" LKP, Elie Domota. — Julien Tack AFP

La polémique autour des propos controversés d'Elie Domota, le leader du LKP, ne faiblit pas. Bien au contraire: ce lundi matin, dans «Le Parisien», Yves Jégo, secrétaire d'Etat chargé de l'Outremer, en a rajouté, estimant qu'il s'agit d'un «dérapage verbal inadmissible».

«Quelle que soit l'intensité d'un conflit social, dire à une catégorie de la population "faites ça ou partez" n'est évidemment pas acceptable. Il faut que chacun revienne à l'esprit républicain», déclare Yves Jégo. Elie Domota avait affirmé jeudi que les entrepreneurs qui refusaient l'accord d'augmentation de 200 euros des bas salaires devraient «quitter» la Guadeloupe et qu'il ne «laisser(ait) pas une bande de békés rétablir l'esclavage».

Elie Domota a riposté ce lundi sur les ondes d'Europe 1, estimant que l'ouverture d'une enquête pour «provocation à la haine raciale» à son encontre n'était qu'«une manoeuvre de plus pour tenter de nous intimider». «S'il y a convocation devant les tribunaux, nous ferons en sorte que le tribunal soit l'espace où il y aura ce qu'on peut appeler le grand déballage sur la réalité sociale, historique et culturelle de la société guadeloupéenne en 2009».

Polémique sur le préambule de l'accord

Par ailleurs, Yves Jégo a estimé ce lundi sur RTL que le préambule de l'accord salarial signé en Guadeloupe entre le collectif syndical LKP et une partie du patronat «n'est pas acceptable». Il était interrogé sur des propos de la présidente du Medef Laurence Parisot dans «Le Parisien» de lundi dénonçant le fait que ce préambule qualifie l'économie de la Guadeloupe d'«économie de plantation», c'est-à-dire, selon elle d'«économie esclavagiste». C'est la raison pour laquelle le Medef local a refusé de signer cet accord, explique-t-elle.

Laurence Parisot «a raison» mais «le tort du Medef local a été de ne pas participer aux discussions parce que quand vous n'êtes pas autour de la table, le protocole qui est signé sans vous, dans votre dos, est un protocole dont le préambule n'est pas acceptable», a déclaré Jégo.