Un match au Stade de France qui vire au drame

Stéphane Colineau

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C'est un « drame épouvantable », s'est désolé Guillaume Pepy, le président de la SNCF. L'accident survenu samedi sur des voies de chemin de fer proches du Stade de France a suscité, hier, une forte émotion.

Samedi, peu avant minuit, deux supporters de Lille ont été tués et huit autres ont été blessés, dont trois grièvement, après le match opposant leur équipe à celle de Lyon. Les deux victimes, originaires d'Outreau (Pas-de-Calais), sont âgées de 10 et 18 ans. Les membres du groupe ont été heurtés par un RER vide, circulant à 60 km/h, alors qu'ils longeaient une voie ferrée pour regagner leur car, garé sur un parking proche de la gare de La Courneuve (93). Ils se trouvaient dans une zone interdite au public, sur un pont enjambant un canal, à 600 m de la gare de La Plaine-Stade-de-France.

« C'est un drame de l'imprudence », a résumé le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon. « Jamais, sous aucun prétexte on ne peut marcher sur les voies sans y être expressément invité par un agent SNCF, c'est extraordinairement dangereux », a insisté Guillaume Pepy. Selon Jean-Pierre Farandou, directeur Transilien à la SNCF, les supporters « ont probablement franchi un grillage ou un portail verrouillé, réservé aux employés de maintenance, hauts d'un peu de moins de 2 m ». L'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Bobigny pour « homicides et blessures involontaires », devra préciser les circonstances du drame. Le ministère des Transports a saisi le Bureau enquêtes accidents.

« Jamais il n'y a eu ce genre d'accident auparavant, lors d'une manifestation au Stade de France », a assuré Guillaume Pepy. « Nous avons une grande expérience de la régulation des voyageurs de cette gare », précise Jean-Pierre Farandou. Malgré « 60 000 voyageurs en moyenne » à gérer les soirs de matchs ou de concerts, « aucun incident particulier » n'avait jamais été à déplorer. Pour autant, l'entreprise publique envisage de nouvelles mesures de sécurité. Guillaume Pepy a évoqué la possibilité de « surveiller à distance par des caméras classiques ou à infrarouges cette zone autour du Stade de France pour que si jamais quelqu'un franchit le grillage, on puisse couper automatiquement la circulation ». ■