Audience décisive au procès Colonna

Bastien Bonnefous

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Pierre Alessandri va-t-il, comme ses anciens complices de l'assassinat du préfet Erignac, disculper Yvan Colonna ? L'audience est décisive aujourd'hui devant la cour d'assises spéciale de Paris qui juge en appel le berger corse. Pierre Alessandri, l'ami de longue date, entendu ce matin, a une partie du destin de l'accusé entre ses lèvres. Condamné à perpétuité, cet ancien agriculteur voisin à Cargèse de la famille Colonna avait, comme les autres membres du commando, désigné Yvan Colonna comme le tireur en 1999. Avant de se rétracter et de se dénoncer lui-même comme l'assassin fin 2004. Lors du premier procès Colonna, fin 2007, il avait à nouveau disculpé le berger en s'accusant du crime, mais sans convaincre la cour.

Quinze mois plus tard, le contexte a changé, notamment depuis vendredi : dans un climat de tension extrême, trois membres du commando ont affirmé que Colonna « ne faisait pas partie » de leur groupe et qu'ils l'ont balancé pour protéger d'autres membres non arrêtés. Alessandri confirmera-t-il cette version des « complices mystères » dont aucun conjuré vendredi n'a voulu préciser le nombre, le rôle, les noms ? Et si Colonna est innocent, pourquoi la police antiterroriste l'aurait-elle impliqué à ce point dans l'assassinat, comme l'affirme le commando ? ■