La France et l'Otan, un petit pied dehors, un grand pied dedans

DEFENSE Si elle n'est plus dans le commandement intégré depuis 1966, la France est restée proche de l'Alliance atlantique...

20minutes.fr

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Dans l'OTAN, a assuré François Fillon, la France peut "faire entendre une voix singulière", et "une OTAN rénovée est compatible avec une Europe de la défense renforcée". François Fillon a par ailleurs affirmé ne voir "rien qui indique un plan parallèle, un plan sérieux pour l'Afghanistan" dans la motion de la gauche.
Dans l'OTAN, a assuré François Fillon, la France peut "faire entendre une voix singulière", et "une OTAN rénovée est compatible avec une Europe de la défense renforcée". François Fillon a par ailleurs affirmé ne voir "rien qui indique un plan parallèle, un plan sérieux pour l'Afghanistan" dans la motion de la gauche. — Dimitar Dilkoff AFP/Archives

«Beaucoup croyaient impossible, il y en a même qui disaient que c’était ridicule, dangereux pour notre sécurité, ou bien de nature à compromettre notre situation internationale, le fait que la France recouvrerait son indépendance en matière de Défense. Elle le fait pourtant bel et bien. Et on ne voit pas jusqu’à présent quel drame cela a pu entraîner.» Nous sommes en octobre 1966, toutes les bases de l’Otan en France ont été fermées ces six derniers mois, et à l’Elysée le Général de Gaulle se félicite du retrait des forces nationales de la structure militaire de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan).

Depuis la déclaration de Nicolas Sarkozy à Bucarest le 4 avril 2008, ce temps gaulliste semble terminé. Dans les faits, la France n’a d’ailleurs jamais divorcé avec l’Alliance. Au contraire, elle s’est rapprochée inéluctablement de l’Otan avec les conflits balkaniques et, surtout, l’intervention en Afghanistan.

A l’origine était la France
Paris est l'un des membres fondateurs de l’Otan, qui voit le jour en avril 1949, au début de la Guerre Froide. Souvent en désaccord avec les puissances anglo-saxonnes, notamment sur le nucléaire, De Gaulle a beaucoup de mal avec l'administration de Lyndon Johnson qui prêche la doctrine de la riposte graduée, s'engage au Vietnam, et veut davantage d'intégration. Pour le général, la France y perdrait ses moyens autonomes et risquerait de finir dans des conflits qui ne sont pas les siens. La France quitte bruyamment la structure militaire intégrée en 1966, y revient tout doucement trois décennies plus tard. Depuis 1996, elle a un représentant au comité militaire et participe ainsi à la planification opérationnelle. Tout en prenant part aux autres activités de l’Otan sur le plan civil.

Un grand argentier, un participant majeur Sur le plan financier, la France se situe au quatrième rang des contributeurs. La France participe aux deux opérations majeures de maintien de la paix et de stabilisation menées par l’Otan, sous mandat des Nations unies, la Kfor au Kosovo et l’Isaf en Afghanistan. Elle est le troisième pourvoyeur de troupes, à hauteur de l’Allemagne et l’Italie, intégrées dans le commandement militaire.

En première ligne dans les Balkans
Après les accords de Dayton à Paris, la France a déployé en moyenne 7.500 hommes dans le cadre de la force de l’Otan (SFOR) en Bosnie. Au Kosovo, les moyens mis en œuvre par la France sur ce théâtre d’opérations, entre mars et le 10 juin 1999 ont été extrêmement importants. L’armée de l’air et l’aéronavale ont réalisé 10% des missions de combat et 20% des missions de reconnaissance et de renseignement.


La question afghane
L’armée française est déployée en Afghanistan dans la zone de Kaboul depuis 2001 au sein de l’Isaf (Force internationale d’assistance à la sécurité), placée sous commandement de l’Otan en août 2003. Sa mission est d’aider le gouvernement d’Hamid Karzaï à promouvoir la paix et la sécurité. La France participe au sein du dispositif Heracles depuis novembre 2001 à des opérations planifiées et conduites directement avec les Etats-Unis dans le cadre de l’opération Enduring Freedom, près de 200 soldats des forces spéciales écumant le sud du pays. Une chasse aux terroristes découlant directement du 11-Septembre.


Le tournant symbolique de Bucarest
Au sommet de l'Otan du 4 avril 2008, Nicolas Sarkozy a répondu favorablement à l'appel aux renforts de l'organisation, qui fait face à une forte résistance dans le pays. L’été dernier, 700 hommes supplémentaires ont été ainsi envoyés dans l'est, et combattent au côté des troupes américaines déployées à la frontière avec le Pakistan. Cela porte le contingent français à près de 3.000 soldats. La France a pris le commandement de la région «capitale» en août dernier, et 280 militaires français sont présents dans le pays pour former l’Armée nationale afghane.