Enseignants-chercheurs: le décret réécrit mais pas de sortie de crise

UNIVERSITE Les syndicats réclament maintenant des avancées dans le dossier de la formation des enseignants...

C. F. (avec agence)

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La ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse a annoncé vendredi qu'une troisième séance de négociation avec quatre syndicats consacrée au statut des enseignants-chercheurs avait permis d'obtenir "un projet de décret réécrit et équilibré" intégrant "l'ensemble des positions".
La ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse a annoncé vendredi qu'une troisième séance de négociation avec quatre syndicats consacrée au statut des enseignants-chercheurs avait permis d'obtenir "un projet de décret réécrit et équilibré" intégrant "l'ensemble des positions". — Boris Horvat AFP

Pas de sortie de crise immédiate pour Valérie Pécresse. La ministre de l'Enseignement supérieur a annoncé ce vendredi qu'une troisième séance de négociation avec quatre syndicats consacrée au statut des enseignants-chercheurs avait permis d'obtenir «un projet de décret réécrit et équilibré» intégrant «l'ensemble des positions».

Reste que l'arrêt de la mobilisation ne sera pas possible sans avancée dans le dossier de la formation des enseignants, ont indiqué trois syndicats (Sgen-CFDT, Sup-recherche'Unsa, Autonomesup) à la sortie de la réunion avec la ministre et sa médiatrice ce vendredi. Ils ont demandé le report d'un an de la réforme de la formation, qui doit normalement entrer en vigueur en 2009-2010.

Nouvel appel à manifester le 11 mars

La Coordination nationale des universités, réunie vendredi à Paris XII-Créteil, a quant à elle jugé «inacceptable» la réécriture du décret sur le statut des enseignants-chercheurs et appelé à une «amplification du mouvement». «La réécriture du décret est inacceptable dans la mesure où elle maintient les orientations du premier texte», indique un communiqué adopté par la Coordination, qui appelle à manifester le 11 mars, à l'occasion d'une journée d'action des personnels de l'enseignement, lancée par la FSU, première fédération de l'Education.

La Conférence des présidents d'université (CPU) réunie jeudi en assemblée plénière, avait pour sa part évoqué des «avancées sérieuses» sur la question du statut des enseignants-chercheurs et des «moyens humains» des universités, permettant d'aller «vers une sortie de crise». En revanche, sur le dossier de la réforme des enseignants, elle avait elle aussi demandé «de rencontrer dès la semaine prochaine les deux ministères» de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur.

Grève à la Sorbonne

Ce vendredi matin, la plupart des cours étaient par ailleurs suspendus à l'université de Paris IV Sorbonne. Les étudiants grévistes ont fait interrompre les rares cours et l'établissement était cerné par un important cordon de policiers, a constaté un journaliste de l'AFP.

«Seuls les cours du Capes et de l'agrégation sont maintenus, nous avons décidé jeudi en assemblée générale le principe d'une grève avec piquets de grève, qui n'ont pas pu être mis en place ce matin», a indiqué le responsable de l'Association générale des étudiants de Paris IV, Maxime Lonlas, qui est aussi vice-président de Paris IV.

Le président de Paris IV solidaire

Des assemblées générales ont été organisées. Elles avaient pour but «d'expliquer le danger de la réforme actuelle, notamment la baisse du niveau de formation professionnelle pour les futurs enseignants et la suppression de l'année de stage rémunérée 1.300 euros par mois pour les élèves-professeurs» a ajouté Maxime Lons

Le président de Paris IV, Georges Molinié a déclaré à l'AFP qu'il était, comme l'immense majorité des enseignants (du Snes-sup au syndicat autonome), et des étudiants «favorable au mouvement, car la réforme menace la qualité de la formation des futurs enseignants».