Enquête en Guadeloupe après les propos de Domota

JUSTICE Le leader du LKP avait affirmé jeudi que les entreprises appliqueraient l'accord ou quitteraient la Guadeloupe...

20minutes.fr avec agence

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Les grévistes du Collectif contre l'exploitation (LKP) ont érigé lundi en Guadeloupe des barrages routiers que les forces de l'ordre ont progressivement levés, procédant à quelques arrestations.
Les grévistes du Collectif contre l'exploitation (LKP) ont érigé lundi en Guadeloupe des barrages routiers que les forces de l'ordre ont progressivement levés, procédant à quelques arrestations. — Julien Tack AFP

Domota dans le collimateur. Le parquet de Pointe-à-Pitre a annoncé ce samedi avoir ouvert une enquête judiciaire, notamment pour provocation à la haine raciale, après les déclarations du leader du LKP, Elie Domota, qui avait affirmé jeudi que les entreprises appliqueraient l'accord ou quitteraient la Guadeloupe.

«Nous ne laisserons pas une bande de békés rétablir l'esclavage», avait-il ajouté. Le leader du LKP avait affirmé qu'il comptait poursuivre les blocages d'entreprises qui refusent d'augmenter les bas salaires de 200 euros. «Soit ils appliqueront l'accord, soit ils quitteront la Guadeloupe», avait-t-il menacé.

Le LKP reste «très ferme» sur la question. Particulièrement visée sur le terrain, l'hôtellerie et la grande distribution. Pour Elie Domota, il est «hors de question, aujourd'hui d'aller faire des courses dans des entreprises qui exploitent des guadeloupéens, dans les entreprises qui ne donnent pas 200 euros à leurs salariés». Le LKP demande donc aux guadeloupéens «de ne pas faire de courses dans les entreprises qui n'appliquent pas l'accord».

«Des sortes de tontons macoutes du LKP»

Après cette sortie vigoureuse de Domota, Frederic Lefebvre, député et porte-parole de l'UMP, avait repliqué, vendredi, tout aussi finement, sur RMC. Elie Domota, «on voit bien que c'est un indépendantiste et il a sans doute l'impression qu'il a été élu président de la République de la Guadeloupe. Il faut qu'il se calme».

La suite n'est pas moins énergique: «Je pense qu'aujourd'hui il faut faire cesser ces opérations d'intimidation qui ressemblent plus à des opérations de type mafieuses», a confié Lefebvre, «des sortes de tontons macoutes du LKP». Rappelons que les tontons macoutes sont le triste nom des miliciens paramilitaires qui assuraient la protection du dictateur d'Haïti François Duvalier. Et, surtout, commettaient viols, tortures, meurtres, arrestations arbitraires et extorsions contre les opposants politiques et les populations civiles de l'île.

La procédure de l'extension de l'accord lancée

La procédure d'extension à toutes les entreprises privées de Guadeloupe de l'accord sur les salaires dans l'île, qui a été ratifié par des organisations patronales minoritaires, a tout cas été lancée ce samedi, avec la parution d'un avis en ce sens au Journal officiel. La veille, le ministère du Travail avait annoncé dans un communiqué qu'il lancerait samedi ou dimanche cette procédure d'extension.

L'accord interprofessionnel sur les salaires prévoit une augmentation de 200 euros des bas salaires. Mais il est limité pour le moment à 15.000 à 30.000 salariés car le Medef et plusieurs autres organisations patronales majoritaires ne l'ont pas signé.

Une rumeur de grève par SMS

Par ailleurs, une rumeur de grève répandue par SMS sèmait le trouble dans l'île. De très longues files d'attente se sont formées vendredi à la mi-journée devant la plupart des stations-services de la Guadeloupe à la suite d'une rumeur annonçant une grève des personnels de l'unique dépôt pétrolier insulaire.

Des automobilistes qui s'y pressaient pour faire le plein ont indiqué qu'ils tentaient ainsi de se prémunir contre «les conséquences de la grève à la Sara» (Société anonyme de la raffinerie des Antilles, ndlr). La Sara a aussitôt démenti la nouvelle.