Fillon veut engager la responsabilité du gouvernement sur le retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan

ASSEMBLEE Il présentera sa politique étrangère le 17 mars, à la suite de quoi les députés débattront puis voteront...

J.M. avec agence

— 

Le Premier ministre François Fillon s'est engagé lundi à ce que le rétablissement de l'électricité dans les zones touchées par la tempête soit "quasi complet d'ici la fin de la semaine", à l'issue d'une réunion à Matignon.
Le Premier ministre François Fillon s'est engagé lundi à ce que le rétablissement de l'électricité dans les zones touchées par la tempête soit "quasi complet d'ici la fin de la semaine", à l'issue d'une réunion à Matignon. — Boris Horvat AFP/Archives

Le Premier ministre a décidé jeudi d'engager la responsabilité de son gouvernement sur la politique étrangère, et donc sur l'épineux dossier de la réintégration de la France dans le commandement unifié de l'Otan, à un moment où les gaullistes donnent de la voix contre cette décision.

Une façon, comme le permet l’article 49.3 de la Constitution, de raccourcir les débats à l’Assemblée nationale et de faire adopter le projet sans vote. Le texte sera donc considéré comme adopté, sauf si une motion de censure signée par un dixième au moins des membres de l’Assemblée nationale est déposée dans les vingt-quatre heures et est votée.

Une prise de risque mesurée

S'il était mis en minorité lors du vote, le gouvernement chuterait. Une hypothèse très peu probable, l'UMP jouissant d'une large majorité à l'Assemblée nationale, dont le président Bernard Accoyer a déjà salué cette décision.

Voulu par le chef de l'Etat, le retour de la France dans l'Otan «s’inscrit dans le cadre d’une politique globale destinée à renforcer notre sécurité et à développer l’influence et le rayonnement de la France en Europe et dans le monde», écrit François Fillon dans une lettre, rendue publique par Matignon, aux chefs de file PS à l'Assemblée et au Sénat, Jean-Marc Ayrault et Jean-Pierre Bel.

«Retournement stratégique»

En demandant à l'Assemblée de se prononcer, François Fillon répond favorablement à une demande des parlementaires socialistes pour qui la représentation nationale devait pouvoir pleinement s'exprimer sur ce «retournement stratégique». De nombreux députés de tous bords, deux ex-Premiers ministres, Alain Juppé et Dominique de Villepin ont ouvertement critiqué Nicolas Sarkozy à propos de cette question du retour total de la France dans l'Otan.

Conformément à ce qu'exige l'article 49.1 de la Constitution, François Fillon devra demander lors du Conseil des ministres du le 11 mars, l'autorisation d'engager la responsabilité du gouvernement. Le 17 mars, il présentera sa politique étrangère, à la suite de quoi les députés débattront puis voteront.