La réforme des collectivités fait beaucoup de bruit pour rien

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Tout ça pour ça. Nicolas Sarkozy a lancé hier, avec d'infinies précautions, la réforme contestée des collectivités locales, en promettant une nouvelle consultation sur la question menée par le gouvernement, le Parlement et les partis politiques. Un projet de loi devrait en découler cet été.

Le chef de l'Etat a donné son feu vert de principe aux vingt suggestions du rapport d'Edouard Balladur, et définit des points à éclaircir durant la concertation : le Président a cité « le processus d'élection » de conseillers communs aux départements et aux régions, ou l'élection directe des conseillers siégeant dans les regroupements de communes.

Sur le sujet sensible de la fusion de départements et de régions, il a insisté sur la nécessité du « volontariat ». Nicolas Sarkozy a aussi différé le débat sur le Grand Paris, dans l'attente des réflexions du secrétaire d'Etat, Christian Blanc. Il nous faut « nous mettre d'accord sur une vision, définir un projet, avant de retenir un modèle d'administration », a estimé le chef de l'Etat. Le comité Balladur a proposé un regroupement de Paris et des trois départements de la petite couronne. Mais le président (UMP) des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian, et Jean Sarkozy, fils du chef de l'Etat, ont déclaré hier leur préférence pour le projet métropolitain concurrent de Bertrand Delanoë. « Il est maintenant clair que le rapport Balladur est inapplicable en l'état parce que brutal, compliqué, décalé », a raillé Jean-Paul Huchon, président PS de la région Ile-de-France.

Pour le reste, le chef de l'Etat a approuvé la reconnaissance de la clause générale de compétence « aux seules communes », la nécessité pour les communes d'adhérer à un regroupement d'ici à 2014, la constitution de onze grandes métropoles dotées de certaines compétences départementales. ■