Le pari d'une ouverture très contrôlée

David Carzon

— 

Cartes sur table. Eric Woerth, ministre du Budget, a présenté, hier, le projet de loi d'ouverture à la concurrence du marché des jeux sur Internet. Un projet réalisé sous la pression de l'Union européenne, mais aussi des pratiques des joueurs, de plus en plus nombreux sur le Web. Présenté en Conseil des ministres fin mars, la loi entrera en vigueur le 1er janvier 2010. Mais aujourd'hui, elle est encore loin de satisfaire tout le monde.

Les règles Les opérateurs de jeux en ligne devront respecter un cahier des charges rigoureux (lutte contre le blanchiment d'argent, la fraude, les paradis fiscaux, l'addiction) géré par une autorité indépendante pour obtenir une licence de cinq ans renouvelable. L'Etat s'engage à lutter contre les sites illégaux, Eric Woerth promettant de tout mettre en oeuvre pour bloquer leur accès (il y en aurait 25 000) ou d'empêcher les transferts d'argent. Sans être plus précis sur les moyens.

Jeux interdits Tout ne sera pas ouvert en ligne. Seuls seront autorisés les paris sportifs (sur les résultats, pas sur des événements extra-sportifs), les courses hippiques et le poker. Interdits donc les jeux de loterie et de tables comme le black-jack. Des restrictions qui ne sont pas du goût des casinos qui comptaient bien exploiter sur le Net ce qu'ils faisaient dans le réel.

Les mises de départ Les annonces d'Eric Woerth sur le cadre financier ont un peu surpris tout le monde. On s'attendait à une fiscalité sur les produits bruts de jeux (on ponctionne uniquement les gains), mais l'Etat préfère instaurer une fiscalité sur les mises de départ : 8,5 % pour les paris sportifs, 15,5 % pour les courses hippiques (8 % sont reversés à la filière) et 2 % pour le poker. « Il va falloir qu'on adapte ce cadre à nos modèles économiques pour savoir si cela est rentable », indique-t-on chez Unibet, un des poids lourd du secteur. Par exemple, sur les paris sportifs, 8,5 % des mises iront à l'Etat, entre 80 et 85 % aux joueurs (les gains seront ainsi plafonnés) et le reste au site de jeux. « C'est-à-dire pas beaucoup pour payer tous nos coûts », explique un opérateur. ■