La fin de la grève En Guadeloupe, mais pas encore des inégalités

Et si les mesures certes d'ampleur - arrachées de haute lutte par le LKP n'étaient qu'un « patch » collé dans l'urgence sur des plaies béantes ? Le terme vient du Cran, le Conseil représentatif des associations noires. Il craint, comme d'autres int...

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Et si les mesures - certes d'ampleur - arrachées de haute lutte par le LKP n'étaient qu'un « patch » collé dans l'urgence sur des plaies béantes ? Le terme vient du Cran, le Conseil représentatif des associations noires. Il craint, comme d'autres intervenants contactés, que ces nouvelles avancées empêchent désormais de s'attaquer aux problèmes plus profonds rencontrés par les Guadeloupéens. Ainsi, environ 23 % de la population active est au chômage, officiellement du moins, le travail au noir étant monnaie courante. Certains craignent même que ce taux ne grimpe à 30 % à cause de la grève générale. Autant de gens qui ne verront pas la couleur des fameux 200 euros supplémentaires sur les salaires.

Dans l'entourage de Patrick Karam, délégué interministériel à l'Egalité des chances des ultra-marins, on reconnaît que « les mesures sont une réponse immédiate à une urgence, mais n'apportent pas de réponse de fond aux problèmes majeurs ».

Selon nos informations, Patrick Karam a notamment fait venir cette semaine à Paris Bernard Hayot (119e fortune française), un des békés les plus régulièrement conspués par la population, car il détient en grande partie la grande distribution et l'automobile sur les îles. Le représentant de l'Etat l'aurait prié de « réfléchir à un dispositif permettant de répondre aux aspirations profondes de la société antillaise ». Traduction : il est temps de remettre à plat le système antillais, générateur de trop d'inégalités. Un débat public doit aussi se tenir à Paris fin mars sur la place des békés dans la société antillaise, en présence des principaux concernés. Une première, à la veille de l'ouverture des Etats généraux de l'outre-mer, prévue en avril. La lutte du LKP aura eu le mérite de poser sur la table des problèmes ancestraux. Trouveront-ils une issue positive lors des Etats généraux ? ■ L. de C.