Uckange: La mère mise en examen pour «violences aggravées»

FAIT DIVERS La fillette se trouve toujours à l'hôpital mais ses jours ne sont pas en danger...

20minutes.fr

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La mère de famille qui s'est accusée d'avoir poignardé sa fille de 10 ans, samedi à Uckange en Moselle, a été mise en examen mercredi pour «violences aggravées» et «manquement à ses obligations éducatives», et placée sous contrôle judiciaire, selon son avocat.

Samia a agi «sous l'empire de la pulsion, de la colère et de la douleur» en poignardant sa fille. La femme de 36 ans a été présentée dans l'après-midi à un juge d'instuction sous la double incrimination de violences aggravées et de manquements aux obligations éducatives, a précisé le procureur de Thionville ce mercredi matin lors d'une conférence de presse.

«Le coup de couteau a été porté sans qu'on puisse caractériser une intention homicide», a précisé Jean-François Mailhes. «Il s'est agi d'un geste qui a consisté à ''piquer'' après que la mère eut reçu de sa fille un coup de pied au bas-ventre où elle venait d'être opérée». Par la suite, elle a conditionné son petit garçon pour qu'il s'accuse, «parce qu'elle avait peur d'aller en prison».

La mère avait été placée en garde-à-vue ce mardi après-midi et elle avait alors avoué le coup, d'après une source proche de l'enquête, parlant «d'un mauvais geste».

Extrême fatigue

Selon «le Parisien», Samia, qui travaille comme serveuse de nuit sur une aire d’autoroute au Luxembourg, serait rentrée chez elle samedi matin à 3 heures, extrêmement fatiguée. En manque de sommeil, Samia aurait été gênée par le bruit de ses deux enfants en train de jouer en milieu de matinée. Elle aurait alors frappé sa fille, dans un geste d’énervement. Avant de convaincre son fils de dire qu'il était à l'origine du coup en le culpabilisant.

Et le petit frère avait été effectivement suspecté en premier lieu par les gendarmes. Il avait déclaré aux enquêteurs qu'il avait poignardé sa soeur parce qu'elle avait refusé de lui prêter sa console de jeux. Le garçonnet avait ajouté lundi qu'il pensait que le couteau dont il s'était servi «était un jouet» de dînette.

Coup trop puissant

Mais les soupçons de la justice se sont portés sur la mère après qu'un chirurgien de l'hôpital pour enfants de Nancy-Brabois, où la fillette est hospitalisée depuis trois jours, eut conclu qu'«un enfant de 5 ans n'avait pas pu porter un coup d'une telle violence». Le couteau a pénétré de cinq centimètres dans la poitrine de l'enfant sans toutefois perforer le poumon.

De plus, l’emplacement de la plaie et l’angle de perforation ne correspondaient pas aux dires du frère. Si sa grande soeur avait validé les propos du petit dans un premier temps, elle a rapidement changé de version. Mardi, lors d’un entretien avec les gendarmes, elle a expliqué à deux reprises que sa mère était bien à l’origine des blessures.

Après avoir placé Samia en garde-à-vue, les gendarmes ont perquisitionné mardi après-midi le domicile familial, un appartement loué à un bailleur social. Et ils ont trouvé des indices matériels qui les ont de nouveau aiguillés vers la mère.

Aucun organe vital touché

La petite fille de 10 ans a perdu beaucoup de sang, et se trouve toujours à l'hôpital. «Mais ses jours ne sont pas en danger, aucun organe vital n'a été touché», a précisé Gérard Leonardi, le maire d'Uckange, une commune de 8.000 habitants du bassin sidérurgique lorrain.

Dans le voisinage, route de Thionville, on peine à croire le geste de Samia. «Ce n’est pas possible! Elle aime ses enfants. C’est une bonne mère», explique une voisine atterrée au «Républicain Lorrain». Elle revient sur les événements tragiques de samedi. «Tout de suite après, on a discuté. Elle criait, se tapait la tête contre les murs. Elle m’a confié qu’elle dormait au moment où c’est arrivé. Elle a entendu crier et a découvert sa fille avec un couteau dans la poitrine. Elle a retiré l’objet et appelé les secours. »