Après Bouygues, SFR... Et si les antennes-relais y passaient toutes?

SANTE Le jugement contre SFR implique qu'une jurisprudence est en train de se créer, contraire aux recommandations du ministère de la Santé...

David Carzon

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Sabine Rinckel réclamait son relogement en "zone blanche" pour "vivre normalement", c'est-à-dire dans une aire exempte d'émissions, ou soumise à un rayonnement faible, ainsi que 5.000 euros pour préjudice moral. Elle a été condamnée aux dépens.
Sabine Rinckel réclamait son relogement en "zone blanche" pour "vivre normalement", c'est-à-dire dans une aire exempte d'émissions, ou soumise à un rayonnement faible, ainsi que 5.000 euros pour préjudice moral. Elle a été condamnée aux dépens. — Jacques Demarthon AFP/Archives

Ondes propagatrices? Après la Cour d'appel de Versailles condamnant Bouygues à démonter une antenne-relais dans le Rhône il y a un mois, c'est au tour du tribunal de grande instance de Carpentras de forcer SFR à démonter une antenne en raison de sa «nuisance esthétique» et de «l'incertitude de son impact sanitaire».

Ce jugement qui fait référence au précédent versaillais implique qu'une jurisprudence est en train de se créer, allant à l'inverse des recommandations de l'Organisation mondiale de la santé et du ministère de la Santé. Ces derniers retiennent qu'«en l'état actuel des connaissances scientifiques et compte-tenu des faibles niveaux d'exposition (…) l'hypothèse d'un risque pour la santé des populations vivant à proximité (…) ne pouvait être retenue.»

«Le processus est totalement grippé»

Pas facile de s'y retrouver entre des tribunaux qui reconnaissant «une crainte légitime d'une atteinte directe à la santé» comme à Carpentras, et d'autres qui déboutent, faute de preuves, des plaignants se disant électrosensibles à cause des antennes-relais, comme cela a été le cas à Colmar.

La même schizophrénie règne sur le terrain. «D'un côté l'Etat nous fixe des obligations pour couvrir tout le territoire et de l'autre les maires n'osent plus nous donner les autorisations pour déployer des antennes alors que nous sommes en conformité avec l'ensemble des obligations et recommandations, le processus est totalement grippé», déplore-t-on du côté de l'Association des opérateurs de téléphonie mobile.

Un Grenelle des antennes-relais doit être organisé d'ici la fin du mois de mars pour mettre tous les interlocuteurs autour de la même table, ce qui n'a jamais été fait, l'Etat bottant souvent en touche sur ces questions.