Le maximum requis contre Tiberi

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« Une brûlure qui se ressent encore quinze ans après », selon le parquet. Le procureur Alexandre Aubert a estimé hier que Jean Tiberi était « complice », et même « instigateur » dans l'affaire des faux électeurs du 5e arrondissement, qui est examinée jusqu'à demain devant la 16e chambre correctionnelle de Paris. « M. Tiberi recevait à n'en pas douter des cartes frauduleuses à son domicile », a-t-il assuré, évoquant « la mauvaise foi » du maire UMP du 5e devant le tribunal. Il a demandé au juge de le reconnaître coupable et requis douze mois de prison avec sursis, 10 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité et de privation des droits civiques. La peine maximale.

Xavière Tiberi, décrite comme « le bras droit » de son mari, a subi quasiment le même sort : dix mois de prison avec sursis, 5 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité et de privation des droits civiques. « C'est elle qui connaissait le mieux ses électeurs, qui donnaient l'ordre de ne pas les radier, s'énerve le procureur. Les autres prévenus en ont également pris pour leur grade, le procureur ayant requis une relaxe, sept condamnations et un jugement « à l'appréciation des juges » pour le maire du 5e en intérim entre 1995 et 2001, Jean-Charles Bardon. « Ne faut-il pas le renvoyer à sa conscience ? », a demandé le procureur. Le jugement devrait être mis en délibéré demain soir, après les plaidoiries de la partie civile et de la défense. ■Magali Gruet