Inquiétudes autour de l'antisémitisme en France au dîner du Crif

DISCRIMINATIONS Nicolas Sarkozy et François Fillon ont déclaré partager les préoccupations du président, Richard Prasquier...

J.M. avec agence

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Nicolas Sarkozy et le préesident du Crif Richard Prasquier au dîner annuel de l'institution à Paris, le 2 mars 2009.
Nicolas Sarkozy et le préesident du Crif Richard Prasquier au dîner annuel de l'institution à Paris, le 2 mars 2009. — P. WOJAZER / REUTERS

«L'antisémitisme est de retour.» Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a donné le ton dans son discours, prononcé à l'occasion du dîner annuel de l'institution. Les préoccupations de Richard Prasquier ont été reprises par François Fillon et Nicolas Sarkozy, qui avait finalement trouvé une demi-heure dans son emploi du temps surchargé.

«Rien à faire sur le territoire de la République française»

Le chef de l'Etat, qui a fait une apparition en début de soirée, a déclaré avoir tenu «absolument» à être présent pour manifester sa «solidarité» avec les juifs. Il a reconnu que «malheureusement, il y a des inquiétudes» concernant l'antisémitisme en France. Nicolas Sarkozy a affirmé que «les antisémites, les islamophobes, les racistes n'ont rien à voir, rien à faire sur le territoire de la République française».

Le chef de l'Etat a regretté que «l'actualité internationale provoque des tensions». Une analyse reprise par François Fillon, qui a annoncé que la France n'accepterait «pas qu'Israël soit stigmatisée, ni que la communauté juive, dans son ensemble, flétrie», lors de la conférence de l'ONU dite de «Durban II» contre le racisme, qui se tient en avril à Genève. Si c'était le cas, la France est prête «à se retirer», a assuré François Fillon, en référence à la première conférence de ce type, qui avait donné lieu en 2001 à des prises de position antisémites.

«Durcir la répression»

La soirée s'est déroulée en présence d'une grande partie du gouvernement, du Grand rabbin de France, Gilles Berheim, du recteur de la grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, du président de la fédération protestante de France, Claude Baty, et de l'archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France, le cardinal André Vingt-Trois. L'occasion pour François Fillon de dénoncer les «déclarations abjectes» de l'évêque négationniste Richard Williamson.

«Une des premières manières de mener cette lutte, c’est de durcir la répression des actes racistes et antisémites; et une fois les condamnations prononcées, d’informer largement l’opinion publique de leur sévérité», a conclu le Premier ministre.

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Gaza fait flamber les actes antisémites en Europe

L'offensive de l'armée israélienne à Gaza en janvier et la crise économique mondiale ont suscité une recrudescence des actes antisémites dans plusieurs pays d'Europe, selon un rapport de l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne (ADF) publié lundi à Vienne.

Après avoir diminué en 2007 et 2008, le nombre d'agressions à caractère antisémite a recommencé à progresser au tournant de l'année. L'Agence ne livre pas de statistiques détaillées, mais relève une multiplication des agressions contre des personnes et des synagogues, principalement en Belgique, en France, aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne.

En France, où 133 incidents antisémites ont été répertoriés durant la période, des attaques ont notamment pris pour cible trois synagogues à Toulon, à Toulouse et à Saint-Denis, en région parisienne.

En Belgique, des attaques ont visé en janvier deux synagogues à Bruxelles et à Charleroi ainsi que la maison d'une famille juive à Anvers, relève l'ADF.

Aux Pays-Bas, six synagogues et bâtiments de la communauté israélite ont été attaqués en janvier.

Vingt-quatre incidents ont été recensés en Grande-Bretagne.

Des attaques contre des espaces israélites ont également été signalés en Espagne, en Suède et en Allemagne.