Guadeloupe: Jégo chiffre l'effort de l'Etat à 847,9 millions

ANTILLES Laurence Parisot estime que le responsable local ne donnera pas son feu vert pour augmenter les salaires...

J.M. avec agence

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Le leader du LKP en Guadeloupe, Elie Domota, a affirmé que l'accord signé dans la nuit de jeudi à vendredi avec une partie minoritaire du patronat était "un premier pas" qu'il entendait étendre à l'ensemble des salariés mais n'a pas appelé à la fin de la grève générale.
Le leader du LKP en Guadeloupe, Elie Domota, a affirmé que l'accord signé dans la nuit de jeudi à vendredi avec une partie minoritaire du patronat était "un premier pas" qu'il entendait étendre à l'ensemble des salariés mais n'a pas appelé à la fin de la grève générale. — Lionel Bonaventure AFP
Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Yves Jégo, a chiffré ce mardi à 847,9 millions d'euros l'effort financier de l'Etat en réponse à la crise sociale outre-mer. Le Revenu supplémentaire temporaire d'activité (RSTA), outil de l'Etat pour aider à résoudre la question des bas salaires dans la crise sociale en Guadeloupe et en Martinique, coûtera à lui seul 280 millions d'euros.

Sur le front des négociations, le Medef Guadeloupe devrait donner son accord pour des primes, mais pas pour une augmentation des salaires. C'est ce qu'a estimé ce mardi sur RTL Laurence Parisot. Pour la patronne des patrons, le responsable local Willy Angèle se prononcera dans la journée pour «des bonus spécifiques, des primes de pouvoir d'achat» qui sont «tout à fait proches ou même équivalentes aux 200 euros qui sont réclamés».

En revanche, elle a justifié le refus de signer l'accord trouvé avec le collectif syndical LKP concernant l'augmentation salariale qui serait «mortel pour la plupart des entreprises de Guadeloupe». La présidente du Medef
a par ailleurs jugé «honteux» le préambule de cet accord, estimant que le signer reviendrait pour les patrons «à reconnaître qu'ils ont fait perdurer une économie de l'esclavagisme».

Accord non signé faute de temps

Le LKP n'a pas signé l'accord susceptible de sortir la Guadeloupe de la grève générale. Pas par désaccord ni mauvaise volonté, mais faute de temps, le document écrit réclamé au préfet ayant été reçu trop tardivement lundi soir pour permettre son examen approfondi.

«Il n'y aura pas de signature d'accord ce soir, parce que le collectif est en train d'examiner le document qui doit être signé», a indiqué une porte-parole de la préfecture. «C'est la vérité», a confirmé Max Evariste, secrétaire général de Force ouvrière, membre du LKP.

Le texte doit faire la navette

Une fois que le collectif, à l'origine de la grève générale entrée lundi dans sa 42e journée, aura examiné ce document, «il le renverra au préfet qui à son tour l'examinera», a-t-on ajouté à la préfecture. «On va le lui envoyer cette nuit, mais il n'y aura pas de signature cette nuit», a précisé Max Evariste, faisant référence au projet d'accord.

Ce document, dont le collectif a fait un préalable à toute suspension du mouvement, doit recenser les avancées obtenues au cours de la négociation, notamment la liste des 100 familles de produits susceptibles de bénéficier d'une baisse de prix.