Des gendarmes mobiles pour empêcher le LKP de pénétrer dans les entreprises guadeloupéennes

CONFLIT Le collectif syndical met la pression, tandis que les patrons dénoncent ses méthodes «musclées»...

J.M. avec agence

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Le conflit qui touche encore la Guadeloupe et la Martinique devrait continuer à dominer la semaine sociale, alors que lundi à l'Assemblée nationale reprendra le débat sur la loi Bachelot, trois jours avant une mobilisation des hospitaliers contre ce texte.
Le conflit qui touche encore la Guadeloupe et la Martinique devrait continuer à dominer la semaine sociale, alors que lundi à l'Assemblée nationale reprendra le débat sur la loi Bachelot, trois jours avant une mobilisation des hospitaliers contre ce texte. — Lionel Bonaventure AFP

Un millier de personnes, réunies à l'appel du collectif guadeloupéen LKP, ont manifesté ce lundi dès 9h locales (14h à Paris) devant les portes closes d'un vaste centre commercial de Baie-Mahault. L'action s'est déroulé dans le calme, avec pour but avoué de forcer les propriétaires à signer l'accord sur les salaires.

Un peu plus tôt, le préfet de Guadeloupe Nicolas Desforges avait annoncé la mise en place de gendarmes mobiles pour «éviter l'irruption de manifestants dans les entreprises» évoquée par le leader du LKP Elie Domota.

«Nous allons passer d'entreprise en entreprise»

Car en une phrase, ce dernier a mis fin aux espoirs d'une sortie de crise. «La grève se poursuit», c'est donc bien ce «lundi après-midi», et non dimanche comme attendu, que le LKP se prononcera sur une éventuelle suspension de la grève générale en Guadeloupe, faute d'engagement écrits du préfet.

«Non seulement nous allons demander l'extension de l'accord, mais nous allons passer d'entreprise en entreprise pour le faire signer», a prévenu le porte-parole du LKP. Estimant dans un premier temps que «le droit de manifester est libre», le préfet,a finalement estimé qu'«on peut difficilement imaginer qu'un accord soit arraché sous la contrainte, car il ne présenterait aucune valeur».

Le LKP veut du noir sur blanc

Le LKP attend donc un protocole d'accord signé par le préfet et recensant la totalité des avancées obtenues lors de la négociation. il a cité en particulier la liste des 100 produits de base susceptibles de bénéficier d'une baisse des prix. «Il nous a dit qu'il va nous l'envoyer demain pendant la matinée ou en début d'après-midi», a annoncé Elie Domota.

Selon le préfet, c'est «une réunion technique» regroupant Etat, LKP et représentants de la grande distribution qui est prévue ce lundi pour boucler la liste des produits susceptibles de faire l'objet d'une baisse de prix.

Les «méthodes musclées» du LKP

Willy Angèle a de nouveau dénoncé les «méthodes musclées» du collectif. Le président du Medef en Guadeloupe affirme, dans un entretien au «Parisien», qu'«il n'y a pas eu de grève générale» en Guadeloupe mais «une fermeture par la force des entreprises». Selon lui, «80 à 90 % des salariés ne faisaient pas grève».

Le représentant du patronat a également estimé que les dépôts de bilan d'entreprises guadeloupéennes, après la grève, devraient «se traduire par 10.000 à 14.000 suppressions d'emplois» et craint un taux de chômage à «plus de 30%» dans l'île.

Rentrée des classes

Après presque six semaines de paralysie, le préfet Nicolas Desforges avait lancé samedi un appel «solennel» devant la presse, affirmant que «l'essentiel» des revendications du collectif intersyndical LKP était «acquis», notamment la plus «emblématique» portant sur la hausse de 200 euros des bas salaires.

Nicolas Desforges avait réclamé que la rentrée des classes ait lieu «normalement» ce lundi. Sans attendre l'appel du préfet, de plus en plus de commerces lèvent leurs rideaux un peu partout dans l'île. Toutes les stations service sont désormais ouvertes.

>>> Les dates clés du conflit, c'est par ici.