Saisie des comptes de Bongo: pas une première mais presque

JUSTICE Le président gabonais intègre un club très fermé...

Avec agence

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La saisie récente de comptes bancaires du président gabonais Omar Bongo, en application d'une condamnation en septembre 2008 par la cour d'appel de Bordeaux, est une procédure très rare en France vis- à-vis d'un chef d'Etat étranger.

A plusieurs reprises, les avoirs de différents pays ont été bloqués en France et à deux reprises seulement ces dernières années les comptes de chefs d'Etat ont été «gelés» par la justice française.

Noriega, le gros poisson

En 1999, les comptes en France du général Manuel Antonio Noriega, ancien président panaméen, ont été bloqués.

Le général Noriega a été condamné par défaut, le 1er juillet 1999, par le tribunal de Paris, à 10 ans d'emprisonnement et à une amende de 11,2 millions d'euros. Il lui était reproché d'avoir blanchi en France plusieurs millions d'euros, présumés provenir du cartel de la drogue de Medellin (Colombie), via notamment la Bank of Credit and Commerce International (BCCI), fermée en juillet 1991.

Environ 7 millions d'euros, déposés entre 1982 et 1989 et répartis sur une vingtaine de comptes à Paris et Marseille, sont toujours bloqués dans l'attente de l'issue définitive de la procédure.

Duvalier, le précurseur

En juin 1986, à la demande du gouvernement haïtien, la justice française avait gelé les avoirs de l'ex-président Jean-Claude Duvalier, de sa famille et de plusieurs proches. Les biens des Duvalier en France comptaient un château dans le Val-d'Oise et 120 millions de francs sur divers comptes.

Mais en mai 1990, la justice française a remis ces fonds à la disposition de  Duvalier, se déclarant incompétente pour décider de leur restitution à l'Etat haïtien.