Un témoin oculaire affirme que Colonna n'est pas le tireur

JUSTICE Une femme présente sur les lieux le soir du crime explique à la barre qu’elle ne reconnaît pas son visage...

J.M. avec agence

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Vendredi dernier, M. Vinolas, secrétaire général de la préfecture de Corse lors de l'assassinat de Claude Erignac le 6 février 1998 à Ajaccio, a affirmé que deux membres présumés du commando nationaliste à l'origine du crime n'auraient jamais été inquiétés.
Vendredi dernier, M. Vinolas, secrétaire général de la préfecture de Corse lors de l'assassinat de Claude Erignac le 6 février 1998 à Ajaccio, a affirmé que deux membres présumés du commando nationaliste à l'origine du crime n'auraient jamais été inquiétés. — AFP/Archives

Si une étrange épidémie frappe les témoins au procès Colonna, ceux qui en réchappent ne se déplacent pas pour rien. Une jeune femme, qui passait en voiture au moment où le préfet Erignac a été assassiné, a assuré ce jeudi devant la cour d'assises spéciale de Paris qu'Yvan Colonna n'était pas le tireur dont elle n'oubliera jamais «le visage». La veille, un autre témoin de la scène avait déjà assuré ne pas «avoir le déclic» en voyant le berger de Cargèse.

«On pourra me présenter l'assassin dans dix ans. Si c'est lui, je le reconnaîtrai» mais «je suis sûre et certaine: ce n'est pas M. Colonna que j'ai vu ce soir-là», a certifié Marie-Ange Contart. Cette croupière de casino, âgée aujourd'hui de 32 ans, était la passagère d'une voiture circulant aux abords du lieu où le préfet a été abattu de trois ballesLIEN), le 6 février 1998 près du théâtre Kallisté d'Ajaccio.

Le tireur était «blond»

«Quand on est croupière, il faut être physionomiste», a rappelé le témoin pour justifier le fait qu'elle se souvienne parfaitement du tireur alors qu'elle affirme ne l'avoir vu que l'espace d'une «demi-seconde». «Son regard, son visage et l'arme, ça je ne l'oublierai jamais», a-t-elle réaffirmé. Pour elle, aucun doute, le tireur était «blond», comme elle a pu le juger à sa barbe naissante.

Déjà entendue lors des précédents procès, elle a évoqué ses nombreuses auditions par les enquêteurs décrites comme un «calvaire». Sur la couleur de cheveux du suspect, elle raconte qu'«on a essayé de (lui) faire dire après qu'il portait une perruque».

«Nous considérons que votre témoignage est capital», a insisté l'un des avocats de la défense, Gilles Simeoni, qui a demandé au témoin de regarder Yvan Colonna, debout dans le box à quelques mètres, et «de dire en votre âme et conscience si c'est cet homme que vous avez vu». Réponse négative. Après avoir vu «des millions de fois la photo» du berger corse depuis 1999, Marie-Ange Contart reste formelle: «Je suis persuadée que ce n'est pas lui».