Sarkozy perd du crédit en allant trop vite

David Carzon

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Au mieux, il a parlé trop vite. Au pire, il a menti. Une certaine confusion continue de régner autour de la probable nomination de François Pérol, secrétaire général adjoint de l'Elysée, à la tête de l'entité bancaire née de la fusion entre les Caisses d'Epargne et la Banque populaire. Nomination dont certains s'interrogent toujours quant à savoir si elle est légale ou pas (lire ci-dessous).

Mais au-delà de ce point technique, c'est l'attitude de l'Elysée qui interpelle. En effet, mardi soir, en déplacement à Rome, Nicolas Sarkozy a assuré que la commission de déontologie de la fonction publique avait donné un point de vue positif à cette nomination. On sait aujourd'hui que cette affirmation est fausse, la commission en question ne s'est jamais réunie pour trancher cette question. Tout juste son président, Olivier Fouquet, saisi par Claude Guéant pour obtenir un avis rapide, s'est fendu d'une lettre - datée de mardi effectivement - où il précise qu'il s'agit d'une opinion personnelle qui n'engage pas l'avis de la commission. Mais pour l'Elysée, cela vaut assentiment puisqu'Olivier Fouquet ne voit pas de conflit d'intérêt entre l'actuel poste de Pérol et son prochain. En plus de voir un proche de Sarkozy parachuté à la tête du futur groupe bancaire, les opposants au Président déplorent les méthodes employées. Pour Benoît Hamon, porte-parole du PS, Sarkozy a « décidé de court-circuiter les instances légales pour imposer un choix qui pourrait être contraire à la loi », tandis que Martine Aubry, patronne du PS, épinglait « les mensonges du Président ». Premier à être monté au créneau, François Bayrou (MoDem) a de nouveau dénoncé, hier, le fait que la « loi n'est pas respectée ». ■