Vente Yves Saint-Laurent: 373,5 millions d'euros et une polémique

ENCHERES Pékin conteste la légalité de la vente de deux bronzes chinois...

Avec agence

— 

La vente de la collection rassemblée pendant 50 ans par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé est devenue, dès le premier soir d'enchères lundi soir, la plus importante dispersion d'une collection privée au monde, avec plusieurs records à la clé pour des artistes modernes.
La vente de la collection rassemblée pendant 50 ans par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé est devenue, dès le premier soir d'enchères lundi soir, la plus importante dispersion d'une collection privée au monde, avec plusieurs records à la clé pour des artistes modernes. — Patrick Kovarik AFP

Les enchères sont montées haut, très haut au cours de cette vente exceptionnelle. La collection d'art Yves Saint Laurent-Pierre Bergé, qui s'est achevée mercredi, a rapporté au total 373,5 millions d'euros, a annoncé mercredi François de Ricqules, vice-président de Christies France qui organisait la vente.

>> A lire également: 373,5 millions d'euros pour une vente exceptionnelle, sur E24.

«Je suis très heureux ce soir. Je suis sûr que ceux qui ont acquis toutes ces oeuvres d'art vont les aimer», a commenté devant la presse l'homme d'affaire Pierre Bergé, 78 ans, qui a constitué cette collection avec son ancien compagnon, le couturier Yves Saint Laurent décédé le 1er juin dernier.La vente de la collection rassemblée en 50 ans par les deux hommes est devenue, dès la première des trois journées de vente lundi sous la nef du Grand Palais à Paris, la plus importante vente d'une collection privée jamais effectuée.

Pékin menace Christie's

Seule fausse note de cette vente exceptionnelle, les accusations portées par la Chine sur la vente de deux bronzes chinois pillés il y a près de 150 ans à Pékin. «L'administration d'Etat des vestiges et monuments s'oppose fermement et condamne toute vente d'objets culturels qui ont été exportés illégalement. Christie's devra assumer toutes les conséquences entraînées par cette vente», a indiqué un communiqué de l'Administration publié sur son site Internet, évoquant également des «conséquences graves pour le développement de Christie's en Chine».

«Mais Christie's s'est obstinée, persistant à mettre aux enchères des pièces pillées au Palais d'été, violant l'esprit des conventions internationales et le consensus sur le retour de ce genre d'objets dans leur pays d'origine, portant atteinte aux droits culturels du peuple chinois et aux sentiments de la nation», affirme le texte. Les deux pièces, d'une hauteur d'une quarantaine de centimètres, ont été adjugées mercredi pour un montant de 15,7 millions d'euros chacune, sans qu'on connaisse l'identité du ou des acheteurs qui ont remporté les enchères au téléphone.

Pékin a également accusé jeudi Christie's d'avoir vendu à plusieurs reprises des biens chinois pillés, annonçant un renforcement des contrôles sur les achats de la maison d'enchères en Chine. L'Administration chinoise a indiqué avoir décidé de renforcer les contrôles sur les opérations de Christie's en Chine.